Dossier histoire : Contre l’histoire morte officielle, l’histoire vivante de l’émancipation ! (partie 2)

vendredi 22 mars 2013

Voici la seconde partie de notre dossier sur l’enseignement de l’histoire, commencé dans le numéro précédent. Après avoir traité les problèmes propres aux différents étages du système éducatif de l’école primaire à la Terminale, nous abordons ici quelques-unes des questions "sensibles". Autrement dit, des questions à propos desquelles les enjeux politiques et idéologiques – et par là même une volonté d’instrumentalisation idéologique par le pouvoir, à ses propres fins – sont particulièrement d’actualité. Ainsi en va-t-il de la guerre d’Algérie, d’Israël et de la Palestine, de la Révolution française. Nous ne cachons pas notre orientation derrière le voile d’une idéologie "neutre" : de même que les gouvernements cherchent à imposer une vision du monde et de ses enjeux qui corresponde à l’idéologie libérale et néo-colonialiste dominante… de même les mouvements sociaux révolutionnaires, anticolonialistes, féministes… sont porteurs d’une autre vision de l’histoire. Une vision vivante, trempée dans des luttes sociales de masse. Nous pourrions faire le même constat sur d’autres questions liées à la connaissance historique : les luttes des femmes (devenues optionnelles après les réaménagements du programme de Première !), l’immigration, la République (la 5e République comme apogée et achèvement des principes "républicains" !), la classe ouvrière, les révolutions…

Mais une fois ces constats critiques opérés, se pose la question : comment réorganiser l’enseignement de l’histoire - et plus largement l’appropriation de la culture historique – dans une perspective d’émancipation, et sachant que le temps scolaire n’est pas étirable à volonté ? Cela passe bien entendu par une réécriture des programmes, dégagés du bourrage de crâne au service du capitalisme ; réécriture de leur contenu, mais aussi de leur structure globale sur l’ensemble de la scolarité obligatoire. C’est le sens des propositions du collectif "aggiornamento hist-geo", dont l’une des animatrices nous expose les pistes de réflexion, à discuter. Cette réécriture d’ensemble doit aussi créer les possibilités d’une diversité d’approches pédagogiques, dans un cadre disciplinaire et/ou interdisciplinaire. Notre camarade Jean-Pierre Tusseau nous donne par exemple des éléments en ce sens.