Un mois dans le monde

jeudi 25 avril 2013

Tunisie

Qui sont les assassins de Chokri Belaïd, un des dirigeants de l’extrême gauche ? Si l’on en croit ce qui est dit des auteurs présumés arrêtés ou recherchés, la responsabilité de la LPR (Ligue de Protection de la Révolution) semble évidente. Ce groupe salafiste a déjà été à l’œuvre dans l’attaque contre le syndicat UGTT, dans celle de l’Université de la Manouba ou dans la destruction de mausolées à Sidi Bou Saïd. Même si dans le parti Ennahda, certains rêvent du modèle turc, il ne fait pas de doute que l’essentiel du parti (à commencer par son chef Ghannouchi) soutient en sous-main ce groupe et poursuit l’idée d’islamiser de force la société. La passivité, pour ne pas dire la complicité, du président Marzouki est flagrante, il a toujours refusé l’idée de dissoudre la LPR et de pourchasser ses hommes de main. Comme au moment de la chute de Ben Ali, la question sociale (pauvreté, chômage, exclusion) reste centrale. Les capitalistes tunisiens se sont ralliés à Ennahda. Ce parti a gagné les élections grâce à son réseau dans la société et à ses œuvres sociales. Confronté au pouvoir, il pratique comme son prédécesseurla répression et le clientélisme et n’a rien à proposer à son peuple. Les centaines de milliers de TunisienNEs qui ont assisté aux obsèques de Chokri Belaïd montrent que la révolution est loin d’être achevée.


Égypte

Apparemment, les Frères Musulmans ont gagné la partie. Ils ont le pouvoir politique, la majorité au Parlement et ils ont imposé leur constitution. Mais ce pouvoir est bien fragile. La condamnation à mort de 21 personnes accusées d’être responsable du massacre de Port-Saïd (74 morts le 1er février 2012) a provoqué des émeutes dans toute la région du canal de Suez. Mais surtout, tous les jours, des manifestants crient place Tahrir « Morsi dégage » exactement comme ils criaient « Moubarak dégage ». L’opposition reste divisée et sans « leadership ». Elle va probablement boycotter les prochaines élections, mais elle est unie sur l’idée que le nouveau pouvoir est illégitime. L’armée qui n’a rien perdu de sa puissance politique ou économique est de plus en plus tentée de reprendre la totalité du pouvoir.


Algérie

Dans ce pays où la rente pétrolière engraisse la nomenclature, à défaut de trouver du travail pour les chômeurs, le régime les réprime. Des dizaines de chômeurs de Laghouat et Ouargla ont été arrêtés. À Alger où se tenait le Forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et la précarité, la police a fait une descente dans l’hôtel où étaient hébergés des intervenants et a arrêté plusieurs syndicalistes marocains, tunisiens, mauritaniens …


Vatican

La presse s’est bien marrée : « la position du démissionnaire », « papus interruptus » … En fait, le départ de ce panzer cardinal qui fut aux jeunesses hitlériennes dans sa jeunesse est sûrement dû à d’autres considérations : des nouveaux scandales financiers ou de nouvelles affaires de pédophilie. En pleine perte de vitesse, l’Église Catholique semble persuadée que son avenir passe par une crispation sur les pires dogmes réactionnaires (contre le divorce, la contraception, l’avortement, l’homosexualité, le mariage des prêtres ou celui des homosexuelLEs …).

Qui pour succéderà Benoît XVI ? La seule révolution serait de nommer un homme marié, un homosexuel assumé ou une femme. L’Église en est bien incapable.


Italie

Les premiers mois ultraréactionnaires de François Hollande ne sont sûrement pas étrangers à l’échec de la « gauche » italienne. Majoritaire à la Chambre des Députés mais battue au Sénat, elle n’est pas en mesure de gouverner et de « rassurer les marchés financiers ». Comme Hollande, Bersani ne promettait rien. Son parti avait fidèlement soutenu la liquidation des acquis sociaux entreprise par Mario Monti (l’homme de la banque Goldman Sachs) qui vient de subir un échec retentissant.

Le triomphateur de ces élections est le « comique » Beppe Grillo qu’on qualifie à tort de « Coluche italien ». Coluche était antiraciste et antiflic. Grillo est antiimmigré et pour « l’ordre ». Il a capté une importante partie du vote de gauche alors que les anciens communistes, incapables de s’unifier et curieusement alliés au juge antimafia Ingroia ont été laminés, faute de crédibilité.

Triste nouvelle pour l’Italie : le bouffon sexiste et corrompu Berlusconi, malgré un nombre retentissant d’affaires et de procès, est toujours là avec près d’un tiers des voix.

L’Italie est donc ingouvernable. La parole est aux manifestantEs, aux grévistes et aux syndicats pour enrayer la casse sociale.


Russie

Les forces qui s’opposent à la répression policière généralisée par Poutine sont bien faibles. Les médias sont muselés et l’Occident ferme les yeux pour faire du commerce avec ce régime despotique. La condamnation des « Pussy Riot » n’a pas soulevé de vagues. Il reste pourtant une « gauche socialiste » en Russie. Le forum Praxis existe depuis bientôt deux décennies. Il a ressuscité la mémoire des anciens révolutionnaires broyés par Staline. Il dénonce le génocide perpétré en Tchétchénie. Il participe aux manifestations contre les élections truquées par Poutine. Il vient de lancer un appel international pour défendre les nombreux manifestants arrêtés le 6 mai 2012 et accusés des crimes les plus invraisemblables.


Bulgarie

Dans tous les pays de l’Union Européenne, les dirigeants sont très impopulaires et en général battus dès qu’on vote. Le Premier Ministre bulgare sortant Boïko Borissov (de « droite ») ne fait pas exception et vient de démissionner. Ce qui est original, ce sont les causes de sa chute. En Bulgarie, au nom de la modernité, l’électricité a été privatisée et « confiée » à des firmes étrangères. Du coup, les prix ont explosé et représentent aujourd’hui 1/3 du salaire moyen bulgare.


Pierre Stambul










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