Brèves féministes (septembre 2013)

vendredi 27 septembre 2013
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

La drague, un compliment ?

Si l’été y est propice, il n’y a pas de saisons pour la drague. Récolter dans la rue un "charmante" à son passage, est-ce charmant, vraiment ? Le fait d’être considérées comme des objets sexuels à la disposition des dragueurs n’a rien de gratifiant pour nous, et ce n’est pas parce que la technique de drague qui sous-tend un rabaissement de la personne visée a lieu depuis des siècles voire des millénaires que l’on doit accepter ce type de comportements. Nous avons sans doute intégré ces attitudes qui souvent sont normalisées mais nous devons lutter pour qu’elles n’aient plus cours et pour que nous ne soyons plus jamais rabaissées par des gestes ou des propos qui nous dégradent, nous humilient et ne sont en rien à l’honneur de celui qui les commet.

Cette normalisation d’attitudes machistes liées au patriarcat est tellement ancrée que les personnes qui protestent sont considérées au mieux comme "bégueules" au pire comme "oies blanches". Non, elles veulent seulement être considérées comme des êtres humaines à part entière et pensent que le fait qu’elles aient des seins et un vagin ne doit pas entraîner de la part de leurs congénères une attitude de domination et une infantilisation. Poussé à l’extrême, cela préfigure des violences à leur encontre et les justifie. Nous devons lutter pour que plus jamais 48 % de la population mondiale ne se croie le droit de rabaisser les 52 % que nous sommes. Car tant que nous ne déboulonnerons pas ce mythe de la domination masculine, les violences faites aux femmes, les viols de guerre et autres "réjouissances" continueront. Tant que certaines personnes, sous couvert qu’elles ont un pénis, se croiront "les rois du pétrole" nous vivrons dans une société inégalitaire et totalitairement patriarcale, donc fondamentalement violente.

Isabelle Quinton

Contre la reproduction sociale…

L’école, un lieu émancipateur ? On se bat pour. Pourtant, tant qu’on n’interrogera pas les contenus et les méthodes plus avant, elle remplira sa fonction de reproduction sociale et de domestication. C’est encore vrai en ce qui concerne les clichés sexistes, et si, ces dernières années, des actions ont été mises en place pour lutter contre, elles se sont concentrées sur le secondaire, mais ont laissé en friche la crèche et l’école. Dans ce contexte, les actions en partenariat avec le Planning Familial font hélas figure d’exception, tout comme le programme, depuis 2011, de la Ligue de l’enseignement "Filles et garçons : cassons les clichés", malgré sa remarquable ampleur (1400 écoles parisiennes, soit 35000 enfants de CP/CE1). Pourtant, la question des stéréotypes peut être abordée très simplement. Ainsi dans ce programme, deux ours identiques sont assignés à des tâches différentes : aux enfants de déterminer si c’est papa ou maman ours qui cuisine, lit, bricole, repasse, fait du vélo, travaille sur l’ordinateur ou parle à une tribune politique... Et le débat est lancé. 2013, année de la chance ? Si le cap est maintenu, l’"ABCD de l’égalité", lancé par le gouvernement pour déconstruire les stéréotypes de la maternelle au CM2, devrait être expérimenté à la rentrée dans cinq académies (Bordeaux, Corse, Guadeloupe, Nancy-Metz, Rouen), et généralisé à toutes les écoles à la rentrée 2014. À suivre.

Claire Demel


Brèves

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