Femmes aux premiers rangs des luttes

mercredi 14 mai 2014
par  Catherine

Les femmes se trouvent aux premiers rangs des mobilisations qui se développent, en Europe, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et ailleurs en défense des droits sociaux, pour les droits démocratiques, mais aussi dans les mobilisations révolutionnaires, au Moyen-Orient.
On doit pourtant noter l’important silence des médias. Il est frappant de constater que les articles sur les mobilisations en Syrie cherchent aujourd’hui à réduire ces combats à une lutte entre le régime et les groupes extrémistes. Et lorsqu’ils transmettent des images, les femmes semblent absentes des mobilisations. Ou l’image renvoyée est dévalorisante : femmes violées, femmes soumises, etc…
Les images divulguées ici et là ont évacué les femmes des manifestations. Or, elles sont aux premiers rangs, et ce depuis que la contestation a débuté. Par leur présence dans les manifestations, puis par leur rôle irremplaçable dans l’organisation des réseaux depuis la période de lutte armée. Le texte, La femme et la révolution syrienne, met en évidence “la lutte des femmes syriennes qui résistent sur plusieurs fronts : le régime, Daech, la mafia islamique, les autorités patriarcales, etc.”.

En Europe, les femmes sont aux avant-postes des combats contre l’offensive réactionnaire des gouvernements. Des milliers de femmes se sont mobilisées dans les manifestations contre le projet de loi du gouvernement Rajov qui supprime en Espagne le droit à l’IVG. Chronique d’une liberté avortée rend compte de ces “mareas violetas” qui s’affrontent au gouvernement et à l’emprise de l’Église. Emblématique est le nom du collectif de 250 associations féministes “Decidir nos hace libres” (Décider nous rend libres) qui organise le combat contre un retour au temps de la dictature de Franco. Cette “loi d’obligation de gestation”, est illustrative du mouvement réactionnaire qui s’étend à l’échelle de l’Europe. En France et en Europe, dans les mobilisations en soutien aux femmes d’Espagne, contre cette loi inique, les femmes expriment leur volonté de disposer de leur corps, et leur refus de se soumettre à “l’ordre moral”.

Cela est d’autant plus important que de façon insidieuse, d’autres droits sont mis en cause. L’article Maisons de naissance… maisons de douleurs interroge : pourquoi faire accepter aux femmes la douleur de l’accouchement, alors même que le traitement de la douleur pour l’ensemble des personnes (adultes comme enfants) est de plus en plus pris en compte ? Les économies sur les soins de santé ont conduit à la fermeture de maternités, de centres d’IVG… Avec la récente annonce de 21 milliards d’économies supplémentaires, ce sont de nouvelles “économies” sur les personnels soignants qui sont prévues. Les femmes en seront les premières victimes. Et le discours sur “l’ordre naturel” sert à justifier ces attaques (“Tu enfanteras dans la douleur” ; menaces sur l’IVG…).

Nombre de femmes à l’échelle de la planète se mobilisent contre cette double exploitation. Dans les zones franches, en Asie, à Haïti et ailleurs, des femmes font grève, manifestent. Et cela, en dépit des pressions utilisées à grande échelle pour leur imposer la soumission (discriminations, harcèlement sexuel). Ainsi, en Chine environ 20 % des protestations ouvrières se sont produites dans des usines où la majorité des employés sont des femmes (1). Et lors des journées de mobilisation pour un salaire de 500 gourdes à Haïti, les femmes étaient majoritaires dans les manifestations (2).
Plus que jamais, il faut concourir à renforcer ces luttes féministes.

(1) China Labour Bulletin
(2) Batay Ouvriye ; article dans le n° 5 de L’Émancipation.

HB