Un mois dans le monde

jeudi 17 avril 2014
par  Catherine

Italie

Vous avez aimé Tony Blair ? Vous adorez Hollande et Valls ? Vous n’aurez pas de superlatif pour qualifier le nouvel OSDNI (objet social-démocrate non identifié). Matteo Renzi est moderne et il « communique » : avec lui, plus de vieilleries (« socialisme », « progressisme », « laïcité »…). Ce Catholique bon teint est l’homme rêvé des patrons, des « réalistes », des syndicats collabos. Il est la preuve vivante qu’il y a aussi des Berlusconi « de gauche ». Si tant est que ce mot continue à l’avenir d’être utilisé. Pauvre Italie qui s’acharne à essayer d’enterrer un passé de luttes et de résistance !

Bosnie

Les nationalismes meurtriers responsables de 200000 morts auront achevé la destruction du pays, une fois la « paix » revenue. La pauvreté et le chômage massif ont fait descendre dans la rue la population aux cris de « une seule solution, la révolution ». Les manifestations ont vite tourné à l’émeute : le siège de la présidence a été incendié et d’autres bâtiments publics attaqués. Toutes les élites » du pays qui se sont partagé la Bosnie après la guerre sont contestées et accusées (à juste titre) de corruption et d’incapacité. Dans le pays, le salaire moyen est de 400 euros/mois avec 30% de chômeurs/ses même en comptabilisant le travail au noir. Dans les grandes villes « multiethniques » qui avaient symbolisé la résistance pendant la guerre (Sarajevo, Tuzla, Mostar), des comités d’initiative se créent avec des formes de démocratie directe.

Ukraine

Drôle de choix : être l’esclave de l’Union Européenne et de sa déréglementation néolibérale ou être l’esclave de Poutine. Ianoukovytch s’est comporté en parfait dictateur corrompu. Il a fini comme les autres par faire tirer sur la foule et à s’enfuir sans « gloire ». En face, la participation active des fascistes du parti « Svoboda » (= « liberté », c’est un parti antisémite et russophobe) aux combats est bien inquiétante, tout comme le « retour » de l’affairiste Timochenko.
L’Union Européenne a fait miroiter des promesses qu’elle ne tiendra pas. Elle va exiger comme elle l’a fait dans tous les pays « en difficulté » un démantèlement de la protection sociale et une privatisation de ce qui ne l’est pas encore. Mais l’Ukraine devra payer ses « dettes », notamment pour payer le gaz et le pétrole russe et l’Europe laissera le pays se déliter, voire se disloquer.

Suisse

Tant que les référendums en Suisse aboutissaient à interdire les minarets ou à accepter de fortes disparités salariales, les patrons et l’Europe ne s’inquiétaient pas trop. Cette fois-ci, contre l’avis de gouvernement, des patrons et des syndicats réunis, les populistes suisses ont franchi un pas. Ils ne s’attaquent plus seulement aux étrangers venus du Sud. Ils s’attaquent aux « frontaliers », français ou allemands dont ils veulent diminuer le nombre ! Pas sûr que ce crime de lèse-majesté ne pousse l’Europe à sanctionner la Suisse, notamment sur ses pratiques bancaires. L’Europe a trop besoin de ce coffre-fort discret, même si elle regrette les dérives xénophobes.

Algérie

La nouvelle « candidature » de Bouteflika qui n’a même pas été capable, vu son état de santé, d’enregistrer un discours à la radio annonce un verrouillage total du pays. Les autres candidats parlent de coup d’Etat et se retirent les uns après les autres de ce qui sera à l’évidence une vraie farce. L’Algérie n’a jamais brillé par ses espaces de liberté mais là, on rentre dans une période de confiscation du pouvoir par un petit clan. Seule la peur d’un retour au bain de sang de la « sale guerre » fait qu’il n’y a pas de révolte massive.

Centrafrique

Il paraît que l’armée française est intervenue pour empêcher des massacres et un nettoyage ethnique. En fait aujourd’hui elle parraine le nettoyage. Les massacreurs des deux bords (Seleka et milices antibalakas) ont pignon sur rue et continuent tranquillement leur besogne. On a connu, il y a 20 ans, les Tutsis de Kigali empêchés physiquement de monter dans les camions de l’armée française pour échapper au génocide, on a aujourd’hui un peu le même phénomène avec les musulmans centrafricains, fort peu protégés alors qu’ils sont victimes chaque jour de crimes racistes et fuient par milliers vers les pays voisins.

Israël

Le festival de Bande Dessinée d’Angoulême avait choisi comme sponsor l’entreprise israélienne Sodastream dont la principale usine est à Maale Adoumim, la colonie qui coupe en deux la Cisjordanie : 80 auteurs dont Jacques Tardi ont signé un texte dénonçant ce parrainage. Le directeur du festival a justifié son choix en expliquant que des centaines d’ouvriers palestiniens avaient du travail grâce à Sodastream.
Le président du Parlement Européen (Martin Schultz) a « osé » déclarer à la Knesset que les Palestinien-ne-s avaient moins accès à l’eau que les Israélien-ne-s. Scandale de l’extrême droite fustigeant un discours « antisémite fait en allemand ! » Pourtant Schultz a été très en deçà de la réalité. Les Palestiniens de Cisjordanie disposent de 20% de l’eau de la Cisjordanie alors qu’ils sont beaucoup plus nombreux que les colons. À Gaza, le vol de l’eau de l’aquifère a entraîné son envahissement par la mer et 90% de l’eau est saumâtre.
Malgré le refus total d’Israël de faire la moindre concession sur la colonisation, Israël a reçu un appui de marque : le gouvernement allemand est venu au grand complet siéger à Jérusalem. On est en plein retour à l’époque des années 1950 avec les accords entre Ben Gourion et Adenauer. L’Allemagne avait donné 53 Milliards de marks à Israël et en échange, Israël avait permis à l’Allemagne de revenir dans le concert des nations. L’homme de ces accords, Hans Globke, était l’auteur des lois nazies de Nuremberg. Il avait échappé au peloton d’exécution en dénonçant ses petits camarades et en devenant le principal conseiller d’Adenauer.

Pierre Stambul


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