Ci-dessous l’éditorial du dossier de la revue...

samedi 14 juin 2014

Ci-dessous l’éditorial du dossier de la revue L’Émancipation de juin. N’hésitez pas à vous procurer ce numéro de notre revue si ce dossier vous intéresse !

1914 : la guerre, le militarisme et le mouvement ouvrier (première partie)

Tout sera dit sur la première guerre mondiale. Les commémorations officielles ont été lancées, dureront quatre ans, et surtout ne devront pas déborder d’un cadre officiel soigneusement bordé.

Ainsi, il sera loisible de se faire l’écho de thématiques historiographiques "nouvelles" qui sont légitimes en soi, et qui peuvent y compris inspirer des démarches et outils pédagogiques intéressants. Les concepts de "brutalisation", de "culture de guerre", d’ "expérience combattante" etc. développés depuis les années 1990 peuvent être des instruments d’analyse. Mais quand ils servent l’idéologie dominante explicitement installé par exemple dans les programmes d’histoire en lycée… ils servent aussi du coup à obscurcir certains enjeux : le rôle mortel pour les travailleurEs des politique d’ "unité nationale", la volonté de négation des antagonismes de classes pourtant moteurs des refus de la guerre et ensuite des révolutions, l’occultation de la violence répressive dans tous les domaines comme moyen de gestion par les États bourgeois des conflits en période de crise…

Ainsi, il y a par exemple fort à parier que ceux et celles qui mènent un combat légitime pour la réhabilitation des "fusillés pour l’exemple"… auront fort à faire. En effet, F. Hollande n’en a pas dit un mot lors de l’ouverture du cycle de commémorations, alors que les prises de position se multiplient en ce sens (y compris de la part de conseils généraux). Ce combat, qui certes est porteur d’une critique de l’ordre social existant (il pose la question du droit à la désobéissance, de l’antimilitarisme), est avant tout porteur d’une aspiration à la justice la plus élémentaire. C’est pourquoi nous rappelons dans ce dossier certains éléments de ce combat.

C’est pourquoi, aussi, il est nécessaire de rappeler certaines réalités, auxquelles le mouvement ouvrier a été tragiquement confronté et auxquelles il est confronté à chaque fois qu’un gouvernement impérialiste intervient contre un peuple dominé, quelque soit le motif invoqué. Tout d’abord, le combat contre la guerre et contre toute forme d’union sacrée est incontournable : contre toute union sacrée dans le domaine militaire bien entendu, mais aussi contre toute union sacrée pour défendre la "compétitivité" du capitalisme français ou des capitalismes de l’Union européenne. Car ce ne sont finalement que des moyens, aujourd’hui comme hier, de mettre en cause l’indépendance du mouvement ouvrier et de briser les luttes en opposant les travailleurEs les unes aux autres.

Ensuite, il s’articule avec un internationalisme pratique, élément que d’ailleurs les premierEs opposantEs à la guerre ont très vite pris en compte… au premier rang desquelLEs on trouvait donc la Fédération de l’enseignement CGT.

C’est pourquoi le combat antimilitariste sous toutes ses formes y compris l’objection de conscience, reste un impératif pour les militantes qui entendent poursuivre le combat contre le capitalisme.

La suite de ce dossier, en septembre, reviendra sur d’autres aspects de cette question.