Chronique des sexismes ordinaires

Chronique des sexismes ordinaires

PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE

150 000 euros pour l’élection de “la reine de beauté”,

48 000 euros pour les actions en faveur des droits des femmes…

La mairie de Marseille a en effet alloué la coquette somme de 150 000 € pour accueillir le 14 décembre dernier, le concours de Miss France 2020. Trois fois plus que la somme allouée aux 16 associations de Marseille oeuvrant pour les droits des femmes. Ce concours qui depuis près d’un siècle, réduit les femmes à des objets, ce concours sexiste qui juge encore les femmes sur leur physique.

Les critères pour prétendre être éligible sont significatifs : être une femme célibataire sans enfants de nationalité française, âgée de 18 à 24 ans, mesurer au minimum 1m 70, avoir un casier judiciaire vierge, ne pas avoir posé dénudée. Jeunesse, minceur, pureté ! On n’est pas loin de la rosière d’antan, remarquée autrefois par sa conduite irréprochable, sa vertu et sa modestie. L’écharpe et le diadème ont remplacé la couronne de roses, passée de mode et pas assez glamour. “Sois belle et tais-toi”, il faut être aussi bien sage et docile, ne pas “sortir du cadre”, le règlement stipule que la lauréate ne doit pas avoir associé son écharpe de miss régionale à de la propagande politique ou religieuse.

Féministes, nous dénonçons ce concours qui fait la promotion d’une beauté “standardisée”. Limitant la beauté à l’apparence physique, et sacralisant celles qui se plient à cette définition, ce concours misogyne renforce tous les stéréotypes véhiculés par la mode et la publicité qui peuvent entrainer complexes et haine de soi chez celles qui s’en écartent. Quelle place pour les femmes dont la beauté ne correspond pas aux canons définis par la société patriarcale représentée dans ces concours de miss ? Aucune. Leur valeur n’en pas moins réelle. Nous dénonçons ce concours, qui met les femmes en concurrence, à l’instar de la société capitaliste où la compétition excluante est devenue la norme.

Joëlle

Le mouvement “pro vie” ne désarme pas

Pour preuve la campagne publicitaire de ce début d’année menée par Alliance Vita, association qui milite notamment contre l’avortement et la PMA. Les slogans apposés sur deux des trois affiches placardées dans les rues de Paris et dans les gares franciliennes sont clairs : “La société progressera à condition de respecter la maternité ou la paternité”.

Mediatransports, régie spécialisée dans l’affichage dans les gares ferroviaires, stations de métros et arrêts de bus, interpellée par des passant·es indigné·es et des élu·es dont la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait décidé de retirer les visuels dès le 2 janvier. Aussitôt Alliance Vita a saisi la justice. Le tribunal a statué en référé et a décidé que ces affiches ne présentaient aucun caractère illicite ; il a donc ordonné qu’elles soient réaffichées…

Alors même que le projet de loi bioéthique est examiné au Sénat, cette campagne du lobby “pro vie” dont on n’ignore pas les ramifications et la puissance, nous rappelle qu’il se veut toujours offensif et que notre vigilance est plus que jamais nécessaire.

Joëlle

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