Surtout ne pas baisser la garde

Surtout ne pas baisser la garde

Dossier

Renforcer ou ajouter un certain nombre de revendications à celles déjà popularisées dans les luttes récentes

= Le retrait de l’état d’urgence sanitaire.

= La satisfaction immédiate des revendications des coordinations inter-urgence et inter-hôpitaux et “ce quel qu’en soit le coût” ; l’exigence du “choc d’attractivité” qui rejoint celle des soignant·es italien·nes pour la grève générale du 25 mars (cf. encadré page XII).

= Suppression du comité “scientifique” sur le coronavirus et son remplacement par un comité de personnels de santé de terrain, comme en Belgique et un comité d’usager·es dont une des tâches serait d’informer enfin objectivement l’ensemble des citoyen·nes sur la totalité des éléments des éléments nécessaires à la compréhensions et à la prévision de l’évolution de la maladie et des choix de santé publique à faire.

= Le renforcement des services publics, qui montrent une fois de plus qu’ils sont seuls à permettre de résister à une crise sanitaire, économique, écologique de grande ampleur. Il faut donc immédiatement  stopper les privatisations en cours comme ADP et nationaliser (sans indemnité ni rachat vu que les actionnaires et patrons se sont suffisamment enrichis ces dernières années) et relocaliser toutes les activités d’intérêt commun, en commençant par celles qui auraient été plus utiles dans le service public : les labos pharmaceutiques et les entreprises qui produisent le matériel médical,(EN PREMIER), les cliniques privées, les EHPAD privés en veillant à améliorer l’ensemble du parc et à donner à l’ensemble des personnes âgées, un accès réel facile et gratuit aux mêmes soins de qualité que les plus jeunes…

= La re-budgétisation de la recherche fondamentale et médicale et le retrait de la  loi de programmation pour la recherche. 

= L’abandon définitif de la loi retraite et du projet de loi organique sur les retraites au Parlement et plus généralement de toute forme d’agression contre les travailleur·euses, les jeunes, les chômeur·euses, les retraité·es.

= La mise hors-jeu immédiate de Blanquer, responsable de la contamination de personnels et de parents (Haut Rhin, Loiret…) par son exigence criminelle, d’échanger des supports papiers (pour ne pas équiper d’ordinateurs les rares familles qui n’en ont pas) ; la reconnaissance du droit de retrait pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale (enseignant·es, AED, TOS…) ; le retrait de ses réformes; le refus et la dénonciation de ses coups de frime sur la continuité pédagogique ; l’organisation d’examens terminaux nationaux allégés pour le Bac 2020 et le brevet ; l’annulation des nombreuses suppressions de postes et de classes annoncées à tous niveaux.

= Le renforcement de la médecine de prévention (notamment pour les personnels d’éducation) et de la médecine scolaire, ainsi que le maintien de cette dernière au ministère de l’Éducation nationale.

= La mise à disposition publique massive de matériel de protection (masques, gants, gel, glaces de protection, etc.) à la population et aux travailleur·euses quel que soit leur statut, et la désinfection des lieux et services collectifs.

= La fabrication et mise à disposition massive de tests de dépistage pour répondre aux besoins de la population, et la prise en charge immédiate en cas de test positif, avec hébergement et réquisition de lieux publics à cet effet.

= La fabrication urgente et massive des médicaments ayant prouvé leur efficacité (y compris en contraignant les laboratoires pharmaceutiques à les produire) et leur accès gratuit à tou·tes sans exception.

= La limitation des activités professionnelles au strict nécessaire pour la vie de la collectivité, et l’organisation collective par ceux et celles qui travaillent, quel que soit leur statut, des conditions de le faire en toute sécurité, avec à défaut droit de retrait et arrêt du service ou de la production, sans aucune restriction au droit du travail.

Celles et ceux qui travaillent dans ces services sont les mieux placé·es pour définir dans quelles conditions le faire. C’est à eux et elles de définir l’organisation du travail, le temps de travail, les effectifs nécessaires, d’organiser collectivement le travail à tout point de vue pas aux patrons et aux “chefs” qui sont… chez eux.

= Le maintien en activité et l’éventuelle réquisition ou socialisation des unités de production des biens ou matériels pouvant être utilisés pour lutter contre la pandémie.

= L’accès aux soins, à l’hébergement et aux conditions de sécurité sanitaire de tou·tes les sans abri, les migrant·es et réfugié·es, par réquisition de logements vacants, et l’accès gratuit aux soins pour les demandeur·euses d’emploi indemnisé·es ou non, les précaires et personnes sous le seuil de pauvreté.

= La libération du maximum de détenu·es des prisons et de tous les jeunes en centre éducatifs fermés.  

= La fermeture des centres de rétention administrative (CRA), avec comme au Portugal, régularisation et relogement viable de leurs occupant·es.


Demeurer actifs·ves et relié·es collectivement malgré le confinement

– Ne pas relâcher la mobilisation, par tous les moyens : droit de retrait, grève, événements médiatiques, maintien y compris sous forme télématique, des réunions militantes, (AG aux différents niveaux, des coordinations nationales, de secteurs comme interpro, instances syndicales, réunions intersyndicales), des propositions de prises de positions et d’actions unitaires.information et mobilisation, par internet à commencer par nos collègues de travail, et d’études,…

– Ne pas s’interdire des rassemblements et manifestations, en mesurant l’équilibre gains/risques et en prenant toutes précautions pour ne pas s’exposer en fonction de l’évolution de la maladie, particulièrement sur les questions de répression, de soutien aux plus fragiles, de limitation des droits, de refus des aspects liberticides des mesures et d’expositions inutiles et autoritaires à la maladie…

– Refuser de cautionner l’“union nationale” qui vise à faire passer les mesures attentatoire aux droits et libertés de l’état d’urgence ; à les maintenir au moment de la sortie de crise sanitaire, de façon à ce rien ne change, au niveau de la domination du système économique et des dirigeant·es qui nous ont mis dans une telle situation et aussi à éviter que ces dernier·es n’aient à rendre de comptes.

– Faire plutôt le choix de la solidarité de classe, de faire connaître, soutenir et généraliser, les initiatives de luttes solidaires, particulièrement avec les plus exposé·es dans la période : exilé·es, précaires, personnes âgées, Et bien sûr la solidarité avec les travailleur·euses (santé, social dont aides familiales, grande distribution, transports, éducation, protection de la jeunesse et de l’enfance et autres services publics…) qui continuent à aller bosser, en exigeant qu’ils/elles soient moins exposé·es, disposent de toutes les protections nécessaires en nombre suffisant. Cela commence par la mobilisation en solidarité avec les personnels de santé, au-delà des applaudissements quotidiens, et des aides à la nourriture, à l’hébergement et au transport.

Des initiatives de soutien de grande ampleur sont possibles, comme par exemple l’appel de soignant·es italien·nes privé·es du droit de grève de faire la grève à leur place (voir ci-dessous).

Appel #faisgrèvepourmoi#moijepeuxpaslafaire

… de 400 travailleur·euses italien·nes de la santé à participer à la grève générale nationale du 25 mars décidée par l’Union syndicale de base :

Nous avons été livré·es à nous même en première ligne pour combattre le danger sanitaire. En l’absence de tout dispositif de sécurité adéquat et ne pouvant passer des tests sans présenter de symptômes, nous sommes malades par milliers, et en train de devenir paradoxalement un risque de contagion. Nous sommes les victimes des politiques qui depuis des années ont fait passer le profit de quelques uns avant la santé de tous et qui continuent même dans le danger actuel, pour alléger les services épuisants dus à la carence de personnels, à faire appel à des précaires et des retraité·es plutôt que d’embaucher des personnes admises aux examens déjà passés. Nous demandons que soient arrêtées toutes les activités productives non essentielles afin que des millions de travailleurs·euses ne soient plus contraint·es de s’agglutiner dans les transports sans que soient respectées les plus élémentaires règles de sécurité, et en favorisant ainsi la diffusion de l’épidémie. Tous les droits ont été suspendus : jours de repos, fériés, vacances, grève. Nous sommes des héros ou des anges tant que nous subissons en silence, mais menacé·es de mesures de rétorsion et de licenciement si nous essayons de relever la tête ou de quitter la ligne de feu. Nous ne pouvons faire grève le 25 mars, autrement que symbolique, une minute en rotation entre 13h 30 et 14h 30. Nous vous demandons de la faire très nombreux·ses et de la faire aussi pour nous. Nous ne voulons être ni des anges ni des héros, nous sommes des travailleurs de la santé”.

Construire une sortie de la crise, autre que celle que nous préparent déjà Macron et les instances capitalistes

– Commencer à instruire le procès collectif de Macron, des membres de son équipe et de l’establishment médical compromis dans les décisions qui ont mis la vie de nombreux·euses citoyen·nes en danger et qui marquent l’impéritie, l’amateurisme et le détournement de la crise sanitaire au profit de sa politique de casse et de division. D’ores et déjà sont engagées des procédures pénales auprès de la Cour de justice de la République et du Conseil d’État ainsi que des propositions de commissions d’enquêtes parlementaires (voir l’article du Monde du 25 mars : “Coronavirus : le sommet de l’Etat redoute de devoir « rendre des comptes »”).

– Dès maintenant lancer des réflexions collectives à grande échelle :

= Sur la façon de se débarrasser de cette caste politique faillie par sa gestion de la crise comme par son silence, pire par son soutien, dans une prétendue union nationale mortifère.

= Sur la sortie du capitalisme qui aura empêché que l’épidémie de Covid-19 ne soit jugulée, et l’aura utilisée pour tenter de sortir de la crise économique générée par son appétit insatiable de profits : tous les médias accusent le coronavirus d’être responsable du krach financier actuel, alors que depuis au moins un an des économistes ont alerté sur le fait que les leçons de la crise de 2008 n’ont pas été retenues, et que l’éclatement de la “bulle spéculative” allait forcément se reproduire. La crise du Covid-19 entraine certes la réduction des activités économiques, mais elle n’est que le déclencheur d’une crise économique que les spécialistes voyaient venir bien avant.

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