Charlotte Lardillier, une communarde Nivernaise

Charlotte Lardillier, une communarde Nivernaise

Propager la Commune de Paris dans la Nièvre…

Dossier

La nouvelle de l’insurrection parisienne du 18 Mars parvient en province rapidement grâce au télégraphe. Plus tard des émissaires sont envoyés pour convaincre les représentants des villes de soutenir la Commune de Paris et de proclamer eux-aussi leur commune.

Pierre Malardier né à Brassy (58) participe à la Commune de Paris puis descend à Cosne-sur-Loire. Il est accueilli par des militant·es socialistes et de l’AIT, Association Internationale des Travailleurs, qui se réunissent et organisent des insurrections dans différentes villes.

L’insurrection nivernaise démarre à la Charité-sur-Loire le 10 avril, un drapeau rouge est hissé sur la mairie. Elle se poursuit à Cosne-sur-Loire, Pouilly-sur-Loire et Neuvy-sur-Loire entre les 15 et 19 avril avec des manifestations, soulèvements et des drapeaux rouges brandis.

Cette insurrection nivernaise est peu documentée mais des vestiges subsistent avec les condamnations des participant·es par la cour d’assise du Loiret, condamné·es pour avoir proclamé : “Vive Paris ! Vive la Commune ! À bas les Versailles !”

Des femmes parmi les insurgé·es

Parmi les insurgé·es, des femmes, épouses d’insurgés mais aussi “sans profession” comme Charlotte Lardillier. Née à Cosne-sur-Loire le 20 avril 1854, elle prit la tête de la manifestation le 18 avril à Cosne en chantant “Charlotte la Républicaine”.

La Charlotte républicaine, composée peu après 1848 par Noël Mouret, est une chanson soutenant la république rouge de 1848, engagée et féministe, voici quelques extraits : “Sous les lois du lien, Si un jour je me range, Je veux que mon bon ange, Ne sois plus mon gardien, Riant du préjugé, Quand un amant s’insurge, Sans le secours d’un juge, Je signe son congé. […] Défenseurs courageux, De l’œuvre sociale, Immolés par la balle, Des bourgeois furieux, Sur vos tombeaux sans croix, Sans crainte pour mes charmes, J’irai verser des larmes, Et prier quelquefois”.

En plus de chanter, elle arborait le drapeau rouge. Elle fut condamnée à un an de prison et à son procès il est rapporté qu’“un secrétaire de la sous-préfecture ayant voulu lui arracher [le drapeau rouge] des mains, la fille Lardillier, aussi méchante qu’impudique, le saisit par les parties sexuelles et ameuta la foule contre lui”. Elle était signalée “comme ayant de mauvaises mœurs”, comme beaucoup de femmes communardes. Les couples de la classe ouvrière étaient peu mariés en 1871 et les tribunaux ont souvent traités les femmes communardes de prostituées et les ont condamnées du fait de leurs “moeurs”. Comme beaucoup, le reste de sa vie est dans l’anonymat complet…

Comme dans beaucoup d’autres villes, les insurrections nivernaises n’aboutissent pas à la proclamation de communes populaires, les communard·es sont souvent arrêté·es et condamné·es à des peines allant de quelques mois à plusieurs années.

Marine Bignon

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