Utilisation d’un tableur pour répartir une caisse de grève

Utilisation d’un tableur pour répartir une caisse de grève

En complément de l’article « Quelques idées pour faire fonctionner une caisse de grève sur un lieu de travail » publié dans le numéro 9 de la revue (mai 2021).

La feuille de calcul ci-jointe est un exemple d’outil pour partager une caisse de grève. Elle peut évidemment être adaptée à la situation locale et aux principe de partage adoptés. On explique ci-dessous la construction de cette feuille de calcul, et la façon dont on peut l’utiliser, colonne par colonne.

« Ressources »

On y saisit les recettes de la caisse de grève (qui font par ailleurs l’objet d’une comptabilité plus détaillée).

Le « montant partagé » est à décider collectivement.

▶ Il peut correspondre au total des ressources si on fait le partage en une seule fois.

▶ Mais cela peut être seulement à une partie des ressources :

– si on sait que des jours de grèves n’ont pas encore été retenus sur nos fiches de paie,

– si on sait que des collègues n’ont pas encore déclarés leurs jours de grève,

– si on veut garder des réserves pour d’autres grèves à venir.

Dans ce cas, on peut l’augmenter par la suite, et les calculs se mettent à jour automatiquement.

« Jours déclarés »

Il s’agit du nombre de jours retenus par l’employeur, et correspondant à des grèves couvertes par la caisse sur la base des décisions d’AG.

(Cela dit, chaque collègue reste libre de déclarer tout ou partie de ces jours de grève.)

« Dernière déclaration »

C’est la date de la dernière fois que le/la collègue a déclaré des jours de grève.

C’est particulièrement utile si on fait le partage en plusieurs fois.

« Indice »

Il s’agit de l’indice de rémunération.

Chacun-e peut le trouver sur sa fiche de paie :

Cela dit, on pourrait décider d’un autre critère pour tenir compte des revenus,

en retenant par exemple le salaire net…

« Coeff indice »

Il s’agit d’un coefficient découlant de l’indice, qui va permettre de donner davantage aux collègues qui ont des plus petits salaires.

Il est calculé par une formule déjà inscrite dans le tableur, dans les cases de la colonne J. En cas d’ajout de lignes (pour davantage de collègues), veillez à recopier la formule telle quelle, en modifiant seulement le premier terme, qui doit correspondre à la case précédente où figure l’indice de chaque personne (ici I2, I3, I4…).

Pour que la formule corresponde à votre situation et à vos décisions d’AG, il faut :

– Remplir les cases « indice min » et « indice max » avec l’indice le plus faible et l’indice le plus élevé des collègues participant au partage. La différence entre les deux est calculée automatiquement. (Cela peut aussi fonctionner avec des salaires)

– Remplir les cases « coeff min » et « coeff max ». Là aussi, la différence est calculée automatiquement.

▶ Ici, on a fixé comme coefficient minimum 1, et comme coefficient maximum 3. Cela veut dire qu’on a décidé en AG que la personne ayant l’indice le plus bas serait 3 fois plus aidée que la personne ayant l’indice le plus haut.

▶ Si on avait décidé de l’aider 2 fois plus, on aurait noté comme coefficient maximum 2.

« Enfants à charge »

Chaque collègue indique au trésorier / à la trésorière le nombre d’enfants à sa charge.

On peut décider de tenir compte des différences entre familles monoparentales / biparentales / etc.

Par exemple, un enfant élevé par deux parents comptera pour 0,5 tandis qu’un enfant élevé par un seul parent comptera 1.

« Majoration non-titulaires »

Pour les collègues titulaires, on inscrit zéro car il n’y a pas de majoration.

Pour les collègues ayant un emploi précaire, on saisit une valeur correspondant aux décisions d’AG.

Par exemple, si on a décidé d’augmenter de 10 % la somme versée aux non-titulaires, ce sera 0,1.

« Coeff enfants + non-titulaires »

Ce coefficient tient compte des deux colonnes précédentes. Il est calculé automatiquement à partir d’une formule saisie dans le tableur. En cliquant sur les cellules, il est possible de modifier le dernier terme de cette formule pour modifier la majoration par enfant : dans notre exemple, elle est de 25 %, donc on a écrit 0,25.

« Jours déclarés x Coefficients » et « Part »

Dans la première de ces colonnes, une formule multiplie le nombre de jours déclarés par le « coeff indice » et le « coeff enfants + non-titulaires ».

Dans la colonne suivante, une formule calcule la part de chaque collègue dans le partage. Le total de cette colonne doit faire 1. Sinon, cela veut dire qu’il y a une erreur quelque part !

« Montant à recevoir »

Ici, la formule multiplie le montant à partager par la part de chaque collègue : cela donne le montant à recevoir par chaque personne en euros.

« Montant reçu »

La trésorière / le trésorier indique ici ce qui a été versé à chaque collègue.

« Reste à verser »

Ici, la formule calcule l’écart entre le « montant à recevoir » et le « montant reçu ». Cela permet au trésorier / à la trésorière de voir ce qu’il reste à donner à chaque collègue.

Cette colonne est particulièrement utile si on fait le partage en plusieurs fois : quand de nouveaux jours de grève sont déclarés, et qu’on augmente le montant à partager, le « montant à recevoir » de certaines personnes augmente, et un « reste à verser » apparaît.

« Dates et montants des versements »

Permet de garder le souvenir des versements faits à chaque collègue. C’est particulièrement utile si on fait le partage en plusieurs fois.

« Pour info : montant par jour de grève »

Cette colonne indique le montant à recevoir par chaque collègue, rapporté au nombre de jours de grève déclarés. (Par exemple, Bruno va recevoir 52 euros par jours de grève déclarés.)

Cela aide à visualiser dans quelle mesure la caisse couvre le coût de la grève pour les différents collègues, et cela peut orienter nos décisions.

Par exemple, avant chaque distribution, le-la trésorièr-e peut dire en AG ou en heure syndicale :

Avec les paramètres que nous avons votés, les collègues recevront entre … et … euros par jour de grève déclaré.

Est-ce que cela vous paraît juste, ou est-ce qu’il faut modifier les coefficients ?

Est-ce que cela vous paraît assez ? Faut-il augmenter le montant à partager ?

Est-ce que cela vous paraît trop ? Faut-il conserver davantage de réserves ?


Et bien sûr, cela peut pousser à prendre de nouvelles initiatives pour remplir la caisse !

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