Appel de la coordination nationale de l’Éducation (1er et 2nd degrés) du 28 avril

Appel de la coordination nationale de l’Éducation (1er et 2nd degrés) du 28 avril

La réunion de coordination nationale de l’Éducation s’est tenue le mercredi 28 avril par conférence téléphonique. Elle a réuni des personnels de 13 académies, du 1er et du 2nd degrés. Cette réunion s’est tenue deux jours après la réouverture des écoles, alors que collèges et lycées étaient toujours en distanciel, 4 jours avant leur réouverture.

Examens : halte au déni !

Blanquer et Macron ont beau répéter et asséner que les différents examens (DNB, Bac, BTS) se tiendront comme prévu, mais ce lundi 3 mai, ce sont déjà plus de 200 lycées qui ont été touchés par des actions de blocage de la part des élèves qui refusent ce calendrier absurde et inégalitaire.
En effet, dans les lycées et désormais aussi dans les collèges, la mise en place locale, sans cadrage national, des « demi-jauges », conduit à des situations d’inégalité inacceptables. La mention dans certains dossiers Parcoursup du fait que les cours ont été assurés « 100% présentiel » souligne la logique de concurrence que le ministère a créé entre les établissements.
Cette inégalité créée par le refus du ministère de tout cadrage national de la mise en place des effectifs réduits rend impossible la tenue des épreuves terminales des examens.
Si nous restons opposés au principe du contrôle continu, et attachés au maintien d’épreuves terminales, nationales et anonymes, force est de constater que pour cette année la seule solution réside dans une suppression exceptionnelle des épreuves terminales (DNB, Bac GT, Bac pro, CAP, BTS).

Nous soutenons les lycéens et lycéennes qui ont commencé à se mobiliser dès ce lundi 3 mai pour demander l’annulation de ces épreuves. Nous soutenons également l’appel de la FCPE demandant l’annulation des épreuves terminales.
Nous jugeons absurde et inacceptable le rattrapage des épreuves d’E3C1 que subissent encore certains lycéens de terminale plus d’un an après leur annulation pour cause de mobilisation !
Enfin, nous rappelons notre revendication d’annulation définitive du Grand oral et du chef d’œuvre en CAP.
Nous continuons de nous opposer aux réformes Blanquer et appelons d’ores et déjà à mettre en débat dans nos AG la question de la grève des examens : surveillances des épreuves de BTS le 11 mai ; surveillances des épreuves finales du baccalauréat le 17 juin (français et philosophie) ; grève des examinateurs du Grand Oral…
Afin d’assurer la solidarité financière pour les personnels grévistes, nous appelons à la constitution de caisses de grève dans les établissements, à laquelle pourront participer les collègues non convoqués pour les examens mais solidaires du mouvement.
Enfin, il est indispensable que d’ores et déjà soit engagée une réflexion sur l’aménagement des programmes, pour tenir compte des organisations pédagogiques depuis novembre et mars, ainsi que du confinement de l’an dernier.

En pleine crise épidémique : non à une nouvelle saignée
dans les moyens de l’Éducation nationale !
Alors que Blanquer prétend se préoccuper des inégalités scolaires pour justifier sa réouverture à marche forcée des écoles, collèges et lycées, son ministère opère une nouvelle saignée dans les moyens alloués à l’Éducation nationale l’an prochain. Partout, les DHG et cartes scolaires sont catastrophiques, conduisant à des fermetures de classe et des suppressions de postes en cascade.
Cette nouvelle saignée est inacceptable, alors qu’après deux années sinistrées, les élèves ont plus que jamais besoin de conditions d’études décentes ! Nous réclamons le gel immédiat de toutes les baisses de moyens prévues pour la rentrée prochaine. Il est n’est pas possible que la rentrée 2021 se fasse dans les mêmes conditions que celle de 2020 !
Bien au contraire, c’est d’un plan urgent d’embauches massives de personnels de toutes catégories dont l’Éducation a besoin, à commencer par les personnels remplaçants dans le 1er degré !
Le recrutement de personnels doit se faire sur la base du statut, et non pas avec de nouveaux contrats précaires.
De même, nous nous opposons à la nouvelle réforme de l’Éducation prioritaire, et refusons la mise en place des contrats locaux d’accompagnement (CLA) dans les « académies pilotes ». Nous revendiquons le retour des lycées (LGT et LP) dans les dispositifs d’Éducation prioritaire, ainsi que l’élargissement de la carte de l’Éducation prioritaire à tous les établissements du 1er et du 2nd degrés qui en relèvent légitimement.

La réouverture des écoles se fait au mépris de la situation sanitaire
et sans respecter la santé et la sécurité des personnels, des élèves et de leurs familles


Les écoles ont donc rouvert le lundi 26 avril, dans les mêmes conditions que celles précédant leur fermeture. Alors que la situation épidémique est toujours alarmante, la seule chose qui a été ajoutée au protocole est la non-répartition des élèves dont les professeurs sont absents dans les autres classes, afin de limiter le brassage. Du fait du manque criant de personnels remplaçants, la responsabilité de ces fermetures repose sur les épaules des collègues chargés de rappeler les familles pour qu’elles viennent chercher leurs enfants. Dans le seul département de Seine-Saint-Denis, ce sont 200 classes qui ont déjà fermé dans la journée du 26 avril !
Le protocole sanitaire doit être respecté, notamment en ce qui concerne le non-brassage des élèves dont le professeur n’est pas remplacé. Les fermetures de classe ne doivent pas retomber sur les collectivités ; il n’est pas possible que les élèves soient confiés à des personnels municipaux non formés. L’école n’est pas une garderie !
Dans le même temps, la réouverture des collèges et lycées le 3 mai se prépare dans les mêmes conditions. Macron a annoncé que les classes de 4e et 3e en collège passeraient en demi-jauges dans 15 départements. Mais dans bien des endroits, les hiérarchies refusent de mettre en place de véritables demi-groupes et prétend imposer une alternance en classes entières, ce qui donc ne règle en rien le problème de l’absence de distanciation sociale et de véritable aération dans les salles de classe. De plus, comme en lycées, l’absence de tout cadrage national, et le fait que seuls 15 départements soient concernés, place les élèves dans une situation d’inégalité devant les apprentissages !
Nous exigeons la mise en place de véritables demi-groupes dans l’ensemble des établissements du second degré, collèges et lycées, avec un cadrage national qui assure l’égalité des élèves sur tout le territoire.
Nous continuons d’exiger des mesures permettant réellement d’assurer la sécurité des personnels et élèves dans nos établissements :
• les personnels (enseignants, AESH, ATSEM…) doivent être considérés comme cas contacts lorsque la classe ferme. De même, la classe doit fermer lorsque l’enseignant est reconnu cas positif.
• l’accès à la vaccination pour tous les personnels volontaires dans les écoles collèges et lycées, avec le choix du vaccin, et la suppression du jour de carence en cas d’effets secondaires du vaccin ou en cas de symptômes de Covid.
• des autotests de qualité, dans tous les établissements. Nous refusons que ce soient les personnels de l’Éducation nationale qui supervisent les autotests des élèves : cela doit être fait par des professionnels de la santé.
• la garantie que l’aération puisse être assurée dans les établissements, notamment avec des purificateurs d’air et grâce à des capteurs de CO2 ; ce matériel doit être fourni par l’Éducation nationale et ne peut pas dépendre localement des collectivités territoriales.
• la fourniture gratuite de masques chirurgicaux de type II aux personnels et aux élèves, de masques FFP2 pour les personnels en maternelle, ainsi que la mise à disposition de masques FFP2 pour les personnels qui en font la demande ;

Blanquer désavoué à Melle,
mais l’acharnement continue contre les personnels mobilisés !

Dans l’affaire des 4 enseignants de Melle sanctionnés suite à leur mobilisation lors de la passation des E3C1, une nouvelle victoire a été remportée : Sylvie Contini, sanctionnée d’un déplacement d’office, avait obtenu le 22 décembre en référé au tribunal administratif de Poitiers la suspension des arrêtés de sanction et une réintégration provisoire sur son poste au lycée de Melle. Blanquer a tenté de se pourvoir en cassation, mais ce pourvoi n’a pas même été admis par le Conseil d’État !
La décision de la juge des référés ne sera donc pas cassée ! La bataille juridique continue : un recours sur le fond est déposé au tribunal administratif pour annuler définitivement la décision de sanction. En attendant, le rectorat de Poitiers a une lecture toute personnelle de l’ordonnance du 22 décembre 2021, puisque Sylvie est TZR sur son propre poste, devenu un BMP. Nous resterons très vigilants à ce qu’elle soit bien affectée sur Melle pour la rentrée !
Après Melle et Bordeaux, la répression touche de nouveau des personnels mobilisés lors de la passation des E3C à Clermont-Ferrand
. Des responsables syndicaux CGT Éduc’action, SNES-FSU, SUD Éducation et UNEF ont reçu le 28 avril une ordonnance pénale leur notifiant leur condamnation avec inscription au casier judiciaire et une amende délictuelle pour « intrusion non autorisée dans un établissement scolaire dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement ». Le samedi 18 janvier 2020, la mobilisation devant le lycée Blaise Pascal, qui avait abouti à l’annulation des épreuves, avait inauguré les mobilisations contre le passage des E3C qui se verraient perturbées dans plus de 500 lycées !
Nous soutenons les collègues réprimés à Clermont-Ferrand, et nous les soutiendrons dans les démarches qu’ils choisiraient d’entreprendre ! Nous refusons la criminalisation de la contestation et, avec les 300 manifestants présents ce jour-là, nous affirmons  que « nous aussi, nous étions à Blaise Pascal » !
 

La Coordination nationale de l’Éducation appelle à :

• mettre en débat dans les AG la grève des examens, à commencer par le « Grand Oral » du Bac Blanquer ;
• soutenir la mobilisation des étudiants en BTS, des lycéens en 1ère et Terminale, et de la FCPE nationale ;
• en Île-de-France, participer au rassemblement organisé à Paris par la FCPE nationale en lien avec les syndicats lycéens ce mercredi 5 mai à 14h derrière l’Assemblée Nationale (place Édouard Herriot) pour demander l’annulation en urgence des examens en présentiel (bac, BTS, brevet) et pour un investissement massif dans l’École publique afin de répondre aux besoins de la crise en cours ;
• rejoindre l’appel à la grève et à la manifestation ce jeudi 6 mai lancé par les intersyndicales des 1er et 2nd degrés du 94 ; en Île-de-France, un rassemblement est organisé jeudi 6 mai à 13h30 au Ministère.
• se saisir des Registres Santé et Sécurité au Travail et droits d’alerte lorsque les conditions sanitaires ne sont pas réunies, notamment en cas de non-application des demi-groupes en lycées et sur les niveaux de 4e et 3e en collège ;
• refuser d’être mis en situation de danger grave et imminente en exerçant son droit de retrait ou son droit de grève (des préavis nationaux sont déposés par les organisations syndicales sur toute la période) ;
• diffuser le plus largement les tableaux collaboratifs sur la mise en place des demi-jauges dans les établissements : https://vu.fr/ta bleau-demi-jauges-mai-2021 (supprimer l’espace après « ta »)
• soutenir la mobilisation des AED, notamment le jeudi 20 mai, date de mobilisation nationale ;
• soutenir la mobilisation des personnels AESH, en rejoignant la journée de grève nationale du jeudi 3 juin ;


La prochaine réunion téléphonique de coordination nationale de l’Éducation se tiendra le mercredi 5 mai à 18h

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