Intervention d’Emancipation au congrès national de la Libre Pensée

Intervention d’Emancipation au congrès national de la Libre Pensée

Depuis plusieurs années, Emancipation est invitée au congrès national de la Fédération nationale de la Libre pensée (FNLP). Nous reproduisons ci-dessous l’intervention d’Emancipation lors du congrès 2021 de la Libre pensée tenu à Voiron (Isère).

Bonjour camarades,

Je quitte provisoirement mon mandat de délégué au congrès, pour délivrer le message de salutation d’Emancipation tendance intersyndicale (tendance syndicale issue du syndicalisme révolutionnaire, regroupant des membres de divers syndicats de l’Education nationale).

Les camarades d’Emancipation vous remercient de votre invitation, et je dois dire que par ailleurs ces dernières semaines nous croisons régulièrement des libres penseurs et libres penseuses lors des manifestations contre le pass sanitaire.
Car c’est un fait central : nous ne sommes pas sorti.es de la situation créée par le Covid depuis mars 2019, qui est une situation sanitaire mais aussi politique. Une situation dont le gouvernement profite pour faire avancer ses projets néfastes pour le compte de la bourgeoisie et du capitalisme français, et recourant notamment à l’état d’urgence sanitaire et à l’état d’exception. Et nous ne connaissons que trop bien sa tendance à pérenniser les régressions sociales et démocratiques présentées comme provisoires, et à les faire rentrer dans le  droit commun.
La dernière mesure en date issue de cette logique, est le pass « sanitaire ». En tant que syndicalistes, nous constatons le risque qu’il fait peser sur nombre de travailleurs et travailleuses. En tant que citoyen.nes, nous refusons la discrimination qu’il opère au quotidien entre vacciné.es et non-vacciné.es. En tant que personnels de l’école publique et laïque, nous refusons de stigmatiser les élèves et les parents.
C’est pourquoi, de notre point de vue, l’urgence pour le mouvement ouvrier et démocratique est d’organiser la mobilisation sur ses propres revendications, et de participer à celles qui existent déjà sur ses propres bases, sur un objectif clair : retrait du pass sanitaire !

L’an dernier, nous indiquions deux domaines où nos organisations étaient spécialement impliquées : le combat contre le Service national universel (SNU), et la défense laïque. Les enjeux que nous pointions se sont concrétisés, mais des autres questions fortes ont nettement émergé dans l’actualité. J’en relèverai deux :
– tout d’abord la situation de l’école publique et laïque : aujourd’hui elle est en ruines, notamment le lycée avec l’application intégrale de Parcoursup et la liquidation du bac national. Et pourtant ils s’acharnent encore : là où il faudrait recruter massivement des personnels de toutes catégories, là où il faudrait titulariser les personnels précaires, là où il faudrait diminuer les effectifs par classe… après le « Grenelle de l’éducation », le gouvernement entend démanteler le peu de cadre national qui reste;
– ensuite, la question des lois et libertés démocratiques. Le pass sanitaire est le dernier avatar d’une série de mesures liberticides, notamment les lois « sécurité globale » et « séparatisme ».

Voici deux grandes questions sur lesquelles nos analyses et questionnements rejoignent en grande partie ceux de la Libre Pensée.

Je terminerai sur un dernier point : aujourd’hui le capitalisme approfondit son cours réactionnaire dans tous les domaines, allant jusqu’à menacer les bases de la vie humaine sur Terre. Cela provoque inévitablement des luttes. Ces luttes peuvent souvent surprendre par leurs formes inhabituelles, souvent confuses et hétérogènes, et naissant hors du mouvement ouvrier classique. Luttes féministes, écologistes, luttes des gilets jaunes, antiracistes, pour les libertés démocratiques… un enjeu central pour le mouvement ouvrier et démocratique est de ne pas apparaître comme un commentateur passif (en laissant du coup le champ libre aux forces réactionnaires et d’extrême droite pour récupérer ces mobilisations), et encore moins d’être un « partenaire social » du gouvernement, comme il l’a fait lors du mouvement des « gilets jaunes » fin 2018. Sa responsabilité est de tisser des liens avec ces mouvements sociaux et d’y participer sur ses propres bases, pour faire avancer sa perspective historique : en finir avec le capitalisme et l’exploitation des humains comme de la nature.

Merci de votre attention, et bon congrès !

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