Un congrès du renoncement ou d’un nouveau départ ? (suite 2)

Un congrès du renoncement ou d’un nouveau départ ? (suite 2)

Auto-organisation des luttes

Dans de nombreux pays (Algérie, Chili, “révolutions arabes”, etc.) de nombreuses mobilisations contre les politiques d’austérité, le saccage de l’environnement, pour les droits des femmes et des LGBT, pour les libertés démocratiques… ont eu lieu.

Elles remettent en cause le pouvoir en place, et apparaissent souvent en dehors des cadres organisés traditionnels, notamment le cadre syndical. Leurs formes d’action, leur composition, leurs revendications peuvent être très hétérogènes. Elles montrent la volonté de lutter, de s’organiser, mais aussi le fait que le mouvement syndical n’apparaît pas aujourd’hui comme pouvant être le cadre d’organisation de toutes ces luttes.

Pour le congrès de la FSU, donner des perspectives pour les luttes suppose donc :

1) de développer l’auto-organisation des personnels : une mobilisation susceptible de changer le rapport de forces suppose que les personnels syndiqué·es comme non syndiqué·es s’approprient leurs luttes, les formes d’action et les revendications. Cela passe par la mise en place d’AG de grévistes, d’AG inter-établissements qui peuvent se coordonner à tous les niveaux en se dotant de délégué·es mandaté·es (du local au national). Elles ne sont pas concurrentes mais complémentaires des intersyndicales et des initiatives qu’elles peuvent prendre ;

2) de développer la convergence des luttes et des formes de mobilisation : la mobilisation peut prendre des formes différentes des formes d’action syndicale classiques, tout en abordant des questions et des revendications qui concernent directement les travailleur·es. Le rôle des militant·es est d’y intervenir, de manière unitaire avec d’autres forces syndicales ou progressistes, pour y porter les revendications syndicales, y combattre l’influence de courants réactionnaires qui veulent en prendre le contrôle… afin de favoriser les initiatives de convergence, et de créer les conditions d’une lutte globale contre les politiques au service du capitalisme. r (thème 4)

Transformer la FSU

Les choix gouvernementaux s’inscrivent dans une logique globale, visant à mettre en cause l’ensemble des droits (sociaux, civiques, politiques) des salarié·es, au travers du démantèlement des solidarités collectives et des services publics. Cette logique, pour être mise en œuvre, s’accompagne d’une redéfinition des structures de l’État (régionalisation, décentralisation, contractualisation, casse des garanties statutaires, privatisation, précarisation).

Il s’agit par conséquent pour le syndicalisme de s’inscrire dans une riposte globale et interprofessionnelle fondée sur la lutte pour les droits des travailleur·es. Or la FSU, par ses statuts, est une juxtaposition de syndicats nationaux souverains, syndicats de métiers ou de catégories ; cette structuration divise, isole voire oppose les personnels, et leurs syndicats ; elle rend plus difficile les mobilisations, voire même la vie syndicale quotidienne sur les lieux de travail.

La FSU doit donc changer ses structures et ses statuts au service de l’unité des personnels, en s’organisant sous la forme d’une fédération de syndicats généraux, regroupant sur une base géographique toutes les catégories de personnels de l’Éducation (sections locales, départementales).

Cette structure syndicale est la plus efficace pour mobiliser les personnels, pour définir les stratégies syndicales adaptées afin de combattre ce gouvernement au service du capitalisme : les revendications doivent concourir à unifier les luttes et les situations. Par exemple : refus du chômage, de la précarité, des licenciements dans le public comme dans le privé, unification statutaire et salariale, abrogation ou retrait des contre-réformes en cours ou annoncées… (thème 4)

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