Appel de la coordination nationale de l’éducation (dimanche 23 janvier 2022)

Appel de la coordination nationale de l’éducation (dimanche 23 janvier 2022)

des revendications des personnels, mais les scandales continuent de s’accumuler autour du ministre Blanquer. L’annonce du protocole sanitaire inapplicable faite depuis ses vacances sur l’île d’Ibiza n’est qu’une des manifestations du mépris de ce ministère envers les personnels.

Dans les écoles et les établissements, contrairement à ce qu’annonce le gouvernement, ni masques FFP2, ni même souvent masques chirurgicaux ne sont arrivés. Dans certains établissements, des autotests ont été envoyés… qui se périmaient deux jours après leur réception ! Pour ce qui est des capteurs de CO2 et des purificateurs d’air, le ministère a renvoyé la balle aux collectivités territoriales. Or comme l’a rappelé l’Association des Maires de France, l’État n’a pas abondé le fonds de financement actuellement de 20 millions d’euros pour garantir aux mairies une compensation financière intégrale de ces achats par l’État.

Dans le même temps, les cartes scolaires et DHG qui commencent à tomber sont une nouvelle confirmation de la politique austéritaire du gouvernement, cela en pleine crise épidémique. Ainsi dans le premier degré, les dédoublements à moyens souvent constants conduisent à la fermeture de classes d’autres niveaux, souvent en REP, avec l’augmentation des effectifs qui va avec. Dans le second degré, les DHG sont encore en baisse, tandis que les chiffres du ministère et du rectorat camouflent les suppressions de postes via une nouvelle multiplication des heures supplémentaires.

Il faut noter que le ministère utilise la réforme des stagiaires, qui prévoit que désormais ces derniers enseigneront majoritairement à temps plein, pour récupérer des heures pour les DHG tout en supprimant des postes. Ainsi, sur l’académie de Créteil, ce sont 84 emplois (18 postes définitifs et 66 postes de stagiaires) qui sont supprimés, alors que le recteur ajoute l’équivalent en heures de 100 ETP dans les DHG.

Concrètement, il y aura donc encore moins de personnel dans les écoles et les établissements à la rentrée, alors que ce jeudi 13 janvier, par centaines de milliers, ce sont des créations de postes que les personnels en grève ont réclamées !

Dans le même temps, ce sont plusieurs affaires qui ont été rendues publiques et qui montrent que les moyens ne manquent pas au ministère, mais que ceux-ci sont en partie détournés vers des entreprises privées. C’est le cas lorsque le ministère signe des contrats fumeux avec le cabinet McKinsey pour mieux détruire nos métiers, ou lorsque le ministère lance son pseudo comité d’entreprise Préau dans le cadre du Grenelle, noue des partenariats avec des startups pour gérer les remplacements, vend nos données aux GAFAM et à Pronote, oblige à passer des certifications de langues via des organismes privés, etc.

C’est pour toutes ces raisons que les personnels de l’Éducation se sont à nouveau mobilisés ce jeudi 20 janvier, avant la grande journée de grève et de manifestation interprofessionnelle du 27 janvier. Cette journée de mobilisation du 20 janvier a été l’occasion de répondre à l’autosatisfecit du ministère et aux mensonges du gouvernement sur l’arrivée de matériel dans les écoles et les établissements et sur des recrutements qui n’en sont pas.

Cette date de grève ayant été initialement appelée par la Coordination nationale des collectifs d’AED (CNCA), elle a également remis en lumière les revendications de ces personnels, alors que leur mobilisation a permis d’aboutir à une première avancée avec l’adoption de la loi Victory sur la cédéisation des AED au bout de 6 ans et des AESH au bout de 3 ans.

Après les journées de grève et de mobilisation des 13 et 20 janvier, la coordination nationale de l’Éducation (premier et second degrés) appelle à poursuivre et amplifier la mobilisation.

• Nous appelons à faire du jeudi 27 janvier, journée de grève interprofessionnelle à l’appel de l’intersyndicale CGT – FO – FSU – Solidaires, une nouvelle journée de grève très massive dans l’Éducation, et à constituer des cortèges des écoles et établissements en lutte dans les manifestations interprofessionnelles.

• Pour lister les revendications et organiser la grève, il est essentiel de réunir des assemblées générales (d’école ou établissement, locales…). Nous appelons à mettre en discussion dans les AG dès à présent les suites de la grève du 27 janvier, notamment la reconduction dès le vendredi 28 et l’appel à un nouveau temps fort de grève dans l’Éducation avant les vacances par zones qui commencent le 5 février. Nous appelons à diffuser largement les décisions prises dans ces AG, et à les transmettre aux organisations syndicales jusqu’à l’échelon national.

• Le 1er février,  quatre collègues et responsables syndicaux de Clermont-Ferrand sont poursuivis en justice deux ans après s’être mobilisés contre les E3C. L’intersyndicale nationale CGT Éduc’action – CNT-FTE –FNEC FP-FO – SNALC – SNES-FSU – SNUEP-FSU – SUD éducation – UNEF appelle à participer au rassemblement prévu ce jour-là : il s’agit d’en faire un rassemblement d’envergure nationale, comme nous l’avions fait à Poitiers pour les 4 de Melle. Par conséquent, nous appelons à faire de cette journée du mardi 1er février la prochaine grande journée nationale de grève dans l’Éducation, et à participer massivement au rassemblement à 13h au tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand.

• Nous rappelons par ailleurs notre appel à mettre en débat dans les AG la proposition d’une « semaine noire » du 14 au 18 mars, semaine pendant laquelle devraient avoir lieu les épreuves de spécialités du bac si elles n’étaient pas reportées en juin.

• Nous appelons à mettre ou remettre en place des caisses de grève, notamment pour les personnels les plus précaires.

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