Soutien au soulèvement au Kazakhstan

Soutien au soulèvement au Kazakhstan

Nous publions une tribune internationale en soutien aux manifestations au Kazakhstan, rédigée par Paul Murphy, député de Solidarity en Irlande, et signée par des militant·es de nombreux pays (1).

Nous, militants et militantes anti-militaristes et organisations, avons vu le soulèvement au Kazakhstan depuis le 2 janvier 2022 avec un sentiment de profonde solidarité envers les travailleurs et les travailleuses. Les travailleurs pétroliers et les mineurs en grève ainsi que les manifestants et manifestantes ont fait face à une très forte répression. Toutes les forces policières et militaires ont été envoyées contre eux, avec l’ordre de “tirer pour tuer sans prévenir”. Plus de 160 manifestant·es ont été tué·es jusqu’alors et plus de 8 000 ont été arrêté·es.

Nous dénonçons la propagande du régime dictatorial selon laquelle ce soulèvement serait le produit des “islamistes radicaux” ou de l’intervention impérialiste des États-Unis. Il n’y a aucune preuve de cela. C’est le recours habituellement utilisé par les régimes impopulaires : blâmer des agitateurs “extérieurs”.

Au contraire, l’élément déclencheur de ces manifestations a été l’augmentation du prix du carburant. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase dans un pays où d’immenses richesses autour du pétrole existent aux côtés d’une forte pauvreté et de l’exploitation. C’est également le résultat du poids écrasant de la dictature sur le dos de la population. Le régime a liquidé tous les partis d’opposition, emprisonné et torturé des syndicalistes et des militant·es pour les droits de l’Homme, et est responsable du massacre des travailleurs pétroliers en grève à Zhanaozen il y a 10 ans.

La position de toutes les grandes puissances capitalistes est claire. Poutine soutient fondamentalement le régime. L’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), menée par la Russie, a envoyé 3 000 soldats au Kazakhstan pour contenir les manifestant·es. Le président chinois Xi Jinping a également affirmé son soutien envers le gouvernement Kazakh et prétend que l’agitation est le résultat délibéré de “forces extérieures”.

Le gouvernement américain a appelé à “la retenue des autorités et des manifestants”. L’Union Européenne a, de la même façon, appelé les manifestant·es à “éviter toute incitation à la violence” et les autorités à “respecter le droit fondamental de manifester pacifiquement et la proportionnalité dans le recours à la force pour défendre ses intérêts légitimes en matière de sécurité” !

Sans surprise, ils priorisent tous la “stabilité” de leurs sociétés pétrolières qui tirent profit de l’exploitation des ressources naturelles et des travailleurs Kazakhs.

En réponse à la solidarité de classe des régimes/ gouvernements capitalistes, nous répondons avec une solidarité de la classe travailleuse et nous nous engageons à porter les revendications suivantes au sein de nos syndicats, parlements et organisations :

– Solidarité avec ceux et celles qui se soulèvent contre la dictature au Kazakhstan.

– Fin de la répression des manifestations.

– Libération de tou·tes les manifestant·es détenu·es et les prisonnier·es politiques.

– Non à l’intervention Russe et à l’OTSC, retrait immédiat des troupes.

– Non à l’hypocrisie des États-Unis et de l’Union Européenne qui comparent la révolte des masses à la violence du régime.

– Fin de la dictature.

– Soutien à l’appel des travailleurs pétroliers à la nationalisation de la richesse pétrolière et des grandes industries sous contrôle ouvrier.

– Soutien à la construction d’un mouvement syndical indépendant et d’un mouvement socialiste au Kazakhstan.

(1) signatures à retrouver sur : https://www.revolutionpermanente.fr/Tribune-Solidarite-avec-le-soulevement-au-Kazakhstan

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