Chronique des sexismes ordinaires (Revue n°03 de novembre 2022)

Chronique des sexismes ordinaires (Revue n°03 de novembre 2022)

Afghanistan un an à peine pour perdre ses droits

Le rapport publié par Amnesty International cet été, sur la situation des droits humains en Afghanistan est sans appel. Et sans surprise concernant les conséquences de l’arrivée au pouvoir des talibans sur les droits des femmes. Basé sur des entretiens menés auprès de 90 femmes et 11 jeunes filles âgées de 14 à 74 ans dans une vingtaine de provinces du pays, ce rapport dénonce évidemment la privation du droit fondamental à l’éducation pour les jeunes filles, l’interdiction de travailler, de manifester et toutes les privations qu’elles subissent. Il dénonce de plus la multiplication des arrestations par les talibans, de femmes et de jeunes filles pour des infractions mineures à leurs politiques discriminatoires, telle que la règle leur interdisant d’apparaître en public sans être accompagnées d’un mahram [chaperon de sexe masculin]. Sous l’inculpation de “corruption morale”, les détentions arbitraires, les mises à l’isolement, les traitements dégradants et inhumains, sont fréquents. Le rapport fait enfin état de la forte hausse des mariages d’enfants depuis un an. Le gouvernement patriarcal des talibans et la situation économique catastrophique dans laquelle la guerre, la pandémie, les conditions climatiques ont plongé le pays, sont des facteurs qui expliquent la recrudescence des mariages forcés.

Celles qui perdent leurs droits fondamentaux, (droits de disposer de son corps, droit à l’éducation, à la santé etc,) toutes sont nos sœurs. Solidarité internationale avec toutes ces femmes en lutte ! Elles nous obligent à la vigilance et à la détermination pour combattre les attaques incessantes du patriarcat partout dans le monde !

Joëlle

Prostitution : le nombre de mineur·es prostitué·es augmente en Loire-Atlantique, comme ailleurs.

C’est ce qu’on peut lire dans Presse-Océan ce 26 septembre 2022, enquête menée par l’observatoire des violences faites aux femmes : dans le département, 163 mineur·es sont en situation de prostitution, 7,4 % l’ont été dès l’âge de douze ans, l’âge moyen étant de 15 ans. Dans neuf cas sur dix, il s’agit de filles, elles sont issues de tous les milieux sociaux, mais la moitié vivent dans des foyers de l’ASE. Un·e mineur·e sur deux a subi des violences au sein de sa famille, abusé·es sexuellement pour un tiers d’entre elles-eux. 06 03 68 39 50, c’est le numéro dédié, (équipe avec assos, justice et CHU). Il reçoit depuis janvier entre 10 et 30 appels hebdomadaires, mais “ces mineur·es ne veulent pas toujours être aidé·es : le trauma est tel que le corps n’est rien, il peut se donner”, sachant que la mise en relation entre proxénètes, clients et mineur·es se fait le plus souvent via des applications internet.

Trente et une adolescentes ont été prises en charge à ce jour.

Emmanuelle

Infâme

Le pouvoir n’est que la partie visible de l’infamie de ceux qui le détiennent » écrivait Roland Topor. Incroyable comme cette phrase s’applique au gouvernement Macron qui brandit les droits des femmes comme une « grande cause nationale » et qui en même temps ! prévoit dans sa loi de finances de réduire la  » qualité de service » de 85 à 75% du 3919, dès 2023, car la “ligne est surchargée” ! En effet, en 2021, il a été comptabilisé près de 150 000 appels au secours dont 92 % concernaient des violences conjugales, soit une augmentation de 54 % d’appels en un an. Concrètement cette baisse de moyens programmée aura pour conséquence qu’une femme sur quatre pourrait ne pas être entendue, ni prise en charge…Infâme.

Emmanuelle

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