Émancipation


Tendance intersyndicale

Du côté de la littérature jeunesse

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image-8-150x150.png.

Brune-feuille, le prince se marie

Ce recueil propose17 contes modernes, souvent inspirés de contes traditionnels mais aussi de la mythologie grecque ou du folklore celte, écrits par autant d’auteurs et d’autrices hongrois·es contemporain·es. Des princes qui épousent d’autres princes, des héroïnes courageuses, tantôt princesses, tantôt modestes, des personnages racisés, discriminés, un livre qui est une véritable ode à la différence et à l’acceptation de l’autre. Paru en 2020 en Hongrie, ce recueil de contes inclusifs, publié par l’association féministe et lesbienne Labrisz, a fait couler beaucoup d’encre dans Une députée hongroise en a déchiré un exemplaire publiquement. Sa démarche est à l’initiative de la loi homophobe du gouvernement Orbàn, qui prévoit que les livres qui “expriment l’homosexualité” ne puissent être vendus dans un rayon de 200 mètres autour des églises et des écoles. Joli pied de nez à la censure : l’ouvrage est devenu l’une des meilleures ventes de Noël en Hongrie et a été traduit en une douzaine de langues. (5-6 ans)

Brune-feuille, le prince se marie et autres contes inclusifs, collectif, illustré par Lilla Bölecz, 2022, 192 p., 22 €.

Renversante

Court roman à partir de 8 ans. Dans ce texte les clichés sexistes courants et les rôles genrés sont inversés : les noms de rues et d’écoles sont systématiquement des noms de femmes politiques, d’artistes, de scientifiques célèbres. Les filles sont naturellement douées en maths et jouent au foot dans la cour de récré. Elles deviendront chirurgiennes, huissières ou pourquoi pas ministresses. Quel que soit le choix des femmes, elles n’auront pas à stopper leur carrière pro puisque ce sont les hommes qui s’occupent des enfants, et font les tâches ménagères courantes depuis la nuit des temps. Et bien sûr, dans la langue française, le féminin l’emporte sur le masculin. Proposé à des élèves de 6ème et 5ème, en lecture intégrale et également en extraits, il lance bien le débat.

Renversante, Florence Hinckel, illustré par Clotilde Delacroix, L’École des loisirs, 2019, 104 p.,10 €.

Le rose, le bleu et toi !

Un nouvel album documentaire d’Élise Gravel, efficace pour parler avec les plus jeunes (dès 4 ans) des stéréotypes de genre. Est-ce que les garçons ont le droit de pleurer ? Est-ce que les filles peuvent être des patronnes ? Qu’est-ce que ça veut dire, au fond, être un garçon ou une fille ? Devrions-nous avoir le droit d’aimer qui nous voulons ? Un livre à mettre entre toutes les mains des professionnel·es de l’éducation et des parents, pour aborder la question essentielle du droit de toute personne d’être qui elle est.

Le rose, le bleu et toi !, Élise Gravel en collaboration avec Mikaell Blais, éditions La courte échelle, 2022, 48 p., 16 €.

Parfait·e

Que l’on soit fille ou garçon, les injonctions portant sur ce que l’on peut ou doit faire – ou non – de son corps et de son apparence sont la norme. Pour aborder le sujet avec les jeunes de 8 -12 ans, l’humour piquant d’Émilie Chazerand et les illustrations pleines d’énergie d’Alice Dussutour font mouche. Role models, histoire des vêtements, anecdotes et détails croustillants… ce petit manifeste illustré montre avec humour que chacun·e a bien raison de vouloir faire ce qui lui plaît avec son corps et ses vêtements ! De l’interdiction du crop top au renvoi de leur école de deux petits garçons qui étaient venus en classe en jupe, ce livre traite un sujet important qui fait l’actualité.

Parfait·e, le petit manifeste pour être soi-même de la tête aux pieds et jusqu’au bout des ongles, Émilie chazerand illustré par Alice Dussutour, éditions La ville brûle, février 2023, 96 p., 16 €.

Les crocodiles

Thomas Mathieu illustre des situations où les femmes sont confrontées à des problématiques de harcèlement de rue, de machisme et de sexisme ordinaire. Son travail s’appuie sur des témoignages de femmes recueillis sur internet ; un outil pour partager, échanger sur des concepts tel que le “privilège masculin”. Dans la bande dessinée, les femmes sont en noir et blanc alors que les hommes sont représentés sous la forme de crocodiles verts, des prédateurs dominants, des dragueurs lourds et insultants. (à partir de 15 ans).

Les crocodiles, Thomas Mathieu, éditions Le Lombard, 2014, 176 p., 18, 50 €.

Les crocodiles sont toujours là

Parce que malgré les avancées du mouvement #metoo, le combat contre le sexisme est toujours d’actualité. Juliette Boutant a rejoint Thomas Mathieu et, ensemble, elle et il rendent compte d’actes sexistes qui se déroulent aussi ailleurs que dans la rue : les violences gynécologiques et obstétricales, le sexisme dans les rapports avec la police, en milieu professionnel, dans la sphère intime et la sexualité, la vie publique ou encore l’éducation.

Les crocodiles sont toujours là, Juliette Boutant et Thomas Mathieu, éditions Casterman, 2019, 186 p., 19, 50 €.

Joëlle Lavoute


par

Étiquettes :

Commentaires

Laisser un commentaire