Édito

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Désarmons la violence de Macron

Macron ne tient que par la violence. Violence politique contre les luttes sur les retraites et les Soulèvements de la terre. Violences policières et judiciaires contre les lycéen·nes et étudiant·es, les jeunes des quartiers populaires, les défenseur·seuses de l’environnement… qui incarnent tou·tes un autre avenir. Le prix de cette Police-milice est de plus en plus élevé : l’exigence de l’impunité totale pour tuer, les menaces de sédition. Ces reculades faces à une police majoritairement acquise à l’extrême droite sur le plan électoral, agrandit le boulevard du RN.

Macron c’est aussi la violence contre les services publics, et particulièrement contre l’Éducation nationale, qu’il veut organiser comme l’enseignement privé, en même temps qu’il favorise ce dernier. Le troisième ministre adepte du privé, Attal, décline le bréviaire éculé cher aux Macron, “le retour aux fondamentaux”, “le rétablissement de l’autorité” et le chiffon rouge de l’uniforme pour les élèves, sur le modèle rétrograde du Service National Universel. Il annonce la poursuite de la réforme des lycées pro, la restructuration des “ressources humaines” pour entre autres, les associer à l’évaluation des enseignant·es… Il reprend l’obsession réactionnaire d’une mobilité enseignante obligatoire et générale, à la fois géographique, entre niveaux d’enseignement, fonctions et disciplines…

De tels projets imposent de supprimer le cadre national des établissements, des programmes et des diplômes, du statut général de la Fonction publique et des statuts particuliers des enseignant·es. Le statut général est déjà affaibli par la loi de rénovation de la Fonction publique, la casse les CAP et l’embauche de hors statuts en nombre supérieur aux titulaires pour affaiblir les luttes collectives. Il est donc urgent de revendiquer le réemploi et la titularisation immédiate de tou·tes les non titulaires et de faciliter leur organisation à la fois dans les syndicats (prise de contact dès le début de l’année) et dans des comités de défeDnse spécifiques. En cette rentrée, l’urgence est aussi au refus collectif du PACTE qui constitue une attaque très efficace contre les statuts, en y introduisant le levier du contrat.

Macron, dopé par son passage en force sur les retraites, amplifie son agression. Il attaque sur les vacances. Il prétend généraliser l’expérience marseillaise d’autonomie des écoles. Par décret, il confère aux directions d’écoles autorité sur les professeur·es des écoles (qui ne devraient plus être recruté·es qu’à la licence 1). L’autonomie lui permet d’imposer la gestion locale des recrutements, des financements, des programmes et des diplômes et donc la fin des conventions collectives. Il répond ainsi, avec la réforme des LP, aux besoins à très court terme du patronat local. Il veut supprimer les concours garantissant l’égalité, la qualité et l’indépendance des fonctionnaires, avec dans un premier temps leur régionalisation et le remplacement de leur contenu disciplinaire par la vérification de l’aptitude à la subordination.

Pour toutes ces attaques, Macron sait qu’il n’aura qu’à piocher dans la loi Brisson, véritable bélier contre l’Éducation nationale votée au Sénat, pour tenter, lors de son passage à l’Assemblée à l’automne, de trouver des “préférendums” avec les responsables des partis de droite et du RN.

Les directions syndicales, doivent vite tirer le bilan de leur échec sur les retraites. Plutôt que de renvoyer à un vague appel européen sur les salaires le 23 octobre, elles doivent organiser, dans l’unité la plus large, une riposte à la hauteur contre l’ensemble de ces attaques. Et le recul sur le Bac qui en appelle d’autres et qui est avant tout un succès des luttes de la base, doit conforter les personnels, les AG, pour mobiliser dès la rentrée, réactiver les réseaux militants et organiser la coordination des luttes à tous les niveaux.

Olivier Vinay

  1. Le recrutement au master dessert les jeunes d’origine populaires et représente un vivier trop réduit. Le recrutement à la licence peut être une solution, mais pas seulement pour les professeur·es d’école, et avec une formation de deux ans en centre de formation universitaire, sous statut de professeur·e stagiaire, avec un horaire d’enseignement limité et l’obtention d’un master pouvant ouvrir sur la recherche. ↩︎