Édito

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Ni Le Pen, ni Macron, ni fascisme, ni patrons !

Le capitalisme qui écrase la planète est en crise profonde. Crise sociale, crise écologique, crise démocratique, crise systémique.

En France, le gouvernement poursuit méthodiquement une casse des acquis sociaux qu’il ose baptiser “réformes”. Tout y passe : les retraites, les statuts, les services publics (éducation, santé, transports…) gangrenés par les pénuries, la précarité et la mise en concurrence. Il essaie d’embrigader la jeunesse avec le Service National Universel (SNU). Ce gouvernement défend les intérêts des actionnaires et des multinationales.

Les atteintes aux libertés se multiplient. La parole raciste et les discriminations deviennent la règle contre les immigré.es et les Sans-Papiers. Les manifestations nassées et les violences policières impunies avec utilisation d’armes létales se généralisent. Les prisons sont surpeuplées. Tout cela montre la détermination du pouvoir d’imposer sa politique par tous les moyens. Le colonialisme reste bien vivant (nettoyage ethnique à Mayotte et interventions armées au Sahel).

Porte-parole de différents lobbys, le gouvernement se montre irresponsable sur toutes les questions environnementales : construction de bassines, usage massif de pesticides, relance du nucléaire.

Face à ce pouvoir, Le Pen, pourtant digne héritière d’un fascisme français toujours vivace, est présentée comme la seule alternative “raisonnable”. Elle a tiédi son discours sur l’homophobie, l’avortement, l’Union Européenne ou l’Euro. Zemmour et son racisme décomplexé ont banalisé son discours. Plusieurs couches de populations dominées ont mis le Rassemblement National en tête aux dernières élections : ouvrier·es, paysan·nes, zones rurales et périurbaines. Chez les flics et les militaires, c’est plus de 50 %. L’extrême droite contrôle des médias influents comme Cnews. Elle agite la peur et est passée à la violence contre les migrant·es à Callac et Saint-Brévin.

Dans le monde, les héritier·es de Mussolini sont arrivé·es au pouvoir sans heurt en Italie. Au niveau international, on voit un peu partout l’émergence de dirigeants élus piétinant la démocratie et le droit en utilisant ouvertement la brutalité et le crime : Trump, Bolsonaro, Poutine, Orban, Nétanyahou, Erdogan…

Dans un monde où les milliardaires pillent les richesses, où le monde occidental (États-Unis, Europe, OTAN) voit son hégémonie contestée, où la guerre est apparue en Europe et alors que celle-ci se barricade contre le Sud, l’extrême droite peut devenir hégémonique.

Nous devons l’empêcher. En France, Gilets jaunes et mouvement contre la casse des retraites ont montré une radicalité anticapitaliste malgré la brutalité de la répression. Ces couches sociales sont majoritaires mais sans débouché politique immédiat. Elles doivent réussir à se mobiliser toutes ensemble.

Plus que jamais, la lutte de classes est d’actualité. Plus que jamais, l’alternative au capitalisme et à la barbarie, c’est la construction d’un monde sans dominant·es réalisant dans les faits l’égalité des droits et le vivre ensemble, respectant la nature et rejetant la loi du profit. Il n’y a pas d’autre choix.

Pierre Stambul