Parents, profs, tous et toutes contre le fichage scolaire !

Parents, profs, tous et toutes contre le fichage scolaire !

Au CNRBE, on reçoit aussi des demandes de conseils de la part de parents eux-mêmes enseignant·es qui apprennent les pratiques de fichages scolaires à l’occasion du parcours scolaire de leurs enfants… Et oui, le ministère commence tout juste à les mettre au parfum de ce que sont vraiment les outils qu’ils ou elles sont “forcé·es” d’utiliser sans se poser de questions depuis une dizaine d’année… et des lois qui vont avec, occultées jusqu’à cette année.

Une personne du CNRBE commente une de nos dernières demandes (d’une maman prof) au sujet de la fiche de renseignements pour ONDE, avant qu’on lui prépare une réponse :

Ça me paraît important de dire ou confirmer à cette maman/enseignante que sa fille est déjà dans le fichier… sauf à venir d’une autre planète. Et si elle n’a pas eu l’info avant cette année, ni croisé la fiche de renseignements avant cette année, elle peut ajouter ça à sa liste d’irrégularités.”

Et elle ajoute à juste titre :

Tant qu’on y est… c’est bientôt la saison des évaluations CP et CE1 et les saisies de résultats qui vont avec. […] J’espère que les délais de conservation vont faire bondir les parents ! […]

Un appel des fédérations de parents au refus de transmission des résultats nominatifs, comme en 2008, donnerait un sérieux coup de main aux enseignant·es qui tentent de ramer à contre-courant… et pour qui la route n’est pas pavée que de roses, il faut bien le dire.”

Alors je rebondis sur ces dernières lignes et vous propose encore une idée : un appel aux parents qui ont des associations non blanquériennes, et aux profs informé·es qui sont aussi parents d’élèves : les profs n’ont plus la liberté pédagogique, ni le droit d’expression, donnez-leur un coup de main !!

Faites opposition au traitement numérique des données des évaluations nationales de CP et CE1 concernant vos enfants. Je vous le dis, c’est susceptible d’enrayer la machine à ficher les mômes, donc c’est une action utile. Deux mois pour vous répondre, pendant lesquels ils sont obligés légalement de cesser le traitement. Il faut les occuper, les bureaucrates, au lieu de les laisser occuper les profs à des tâches nuisibles aux enfants.

Pédagogiquement, renseignez-vous, ça ne sert à rien ; à la rigueur si on vous dit que ça sert aux statistiques du ministère, regardez ce qu’ils en font de leurs stats au ministère !! Et est-ce une raison pour démoraliser les enfants et la majorité des profs des petits pendant une semaine au lieu de faire les cours qu’ils et elles estiment eux/elles-mêmes utiles à leurs élèves ? Est-ce une raison pour imposer ce traitement de données aux familles comme les autres traitements d’ailleurs… Qu’ils les fassent autrement leurs stats, l’école a mieux à faire avec nos enfants !! RESISTANCE.

Et je vous invite à lire aussi la page “NUMERICOLE” publiée par la fédération SUD éducation :

L’outil numérique doit être utilisé pour le meilleur (la collaboration, le partage, l’ouverture au monde en favorisant les supports, les ressources et logiciels libres) et non le pire (la marchandisation, l’entrée des entreprises dans l’école, le flicage des élèves et des enseignant·es, le remplacement des enseignant·es par des enseignements virtuels en vidéo). On assiste à une opération de propagande invasive destinée à vendre cette technique énergivore et chronophage au détriment de la santé, du développement et des apprentissages des élèves.

Le LSUN (Livret Scolaire Unique Numérique) est un outil d’uniformisation et de formatage des pratiques professionnelles qui prive les personnels d’une partie de leur travail et du sens qu’ils et elles y attachent. Il constitue une surcharge de travail (opérations de saisie fastidieuses) et inquiète les personnels quant à la protection des données relatives aux élèves et à l’utilisation dangereuse qui pourrait en être faite par un nombre important d’institutions (police, justice, services sociaux et municipaux).

Sud éducation exige l’abrogation du LSUN pour s’opposer au fichage des élèves et défendre la liberté pédagogique des enseignant·es.”

Dans le primaire et le secondaire, refusons de le renseigner et informons les familles de ses dangers !

Non au fichage des élèves !

Avec l’instauration de Base élèves (devenu ONDE Outil Numérique pour la Direction d’École), un identifiant unique par élève est attribué dès trois ans et conservé dans une base de données numériques (RNIE) dans laquelle figurent des données personnelles sur l’enfant et sa famille dont on ignore la destination.

SUD éducation se bat pour l’abandon de tous les dispositifs de fichage et de contrôle en ligne : ONDE, Sconet, RNIE, ENT obligatoires, évaluations et résultats numérisés, LSUN, notes mises sur Internet.

Nous voulons une éducation critique aux usages du numérique plutôt qu’une illusoire éducation par le tout numérique.

L’école ne doit pas être un lieu où l’on habitue la population, dès le plus jeune âge, à la surveillance, au contrôle et au fichage.

Abandon des e-formations et retour à la formation en présentiel

En instaurant le système de formation numérique à distance M@gistère, le ministère isole les personnels et s’éloigne de l’idée que nous nous faisons d’une formation digne de ce nom. SUD éducation exige un retour à la formation continue “en présentiel” et sur le temps de service afin de réfléchir et travailler en coopération sur des thèmes choisis par les enseignant·es.”

Élise Camille

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