Appel de la Coordination nationale de l’Éducation du lundi 19 avril 2021

Appel de la Coordination nationale de l’Éducation du lundi 19 avril 2021

La réunion de coordination nationale de l’Éducation du lundi 19 avril 2021 a rassemblé, au milieu des vacances, des personnels de toute catégorie en provenance de 11 académies (Amiens, Besançon, Bordeaux, Créteil, Dijon, Grenoble, Paris, Poitiers, Rouen, Toulouse, Versailles).
Le tour des différentes académies a permis de faire le point sur la façon dont se prépare la réouverture à marche forcée des écoles à partir du 26 avril, puis des collèges et lycées à partir du 3 mai, alors que la situation sanitaire est toujours catastrophique et que le pic épidémique ne semble pas encore atteint.

Réouverture à marche forcée des écoles et établissements : le gouvernement joue une nouvelle fois avec la santé des personnels, des élèves et de leurs familles !

Alors qu’en mars, la politique du ministère Blanquer, refusant d’accorder aux écoles et établissements les moyens nécessaires pour lutter contre l’épidémie de COVID-19, a conduit à une nouvelle fermeture généralisée des écoles, collèges et lycées, le gouvernement prétend maintenir un calendrier de réouverture à marche forcée à partir du 26 avril.
Le nouveau protocole sanitaire, reculant sur la fermeture automatique des classes dès le premier cas COVID détecté, et laissant aux ARS le choix de les fermer ou pas, risque une nouvelle fois d’aboutir à une catastrophe dans nos écoles et établissements, d’autant plus si la circulation du virus n’a pas réellement diminué d’ici la réouverture. Les personnels réunis ce lundi 19 avril dénoncent cette politique, alors même qu’aucun accès au vaccin n’est garanti pour les personnels volontaires, qui ne sont même pas prioritaires malgré le fait de travailler des heures dans une atmosphère confinée avec des classes surchargées.

Il est hors de question que la réouverture se fasse dans les mêmes conditions sanitaires déplorables qu’avant la fermeture !

Nous exigeons que la réouverture des écoles et des établissements soit conditionnée à l’amélioration réelle de la situation épidémique et à des garanties sanitaires dans les écoles et établissements :
– un seuil de contamination maximum : Macron avait lui-même fixé le seuil de 5000 contaminations par jour en novembre ;
– l’accès à la vaccination pour tous les personnels volontaires dans les écoles, collèges et lycées, avec le choix du vaccin. Par exemple le vaccin AstraZeneca n’offre aucune garantie face aux variants à venir : les personnels doivent donc pouvoir choisir !
– des tests massifs et gratuits, notamment des auto-tests de qualité deux fois par semaine
– la garantie que l’aération puisse être assurée dans les établissements, notamment avec des purificateurs d’air ;
– la fourniture gratuite de masques chirurgicaux aux personnels et aux élèves, ainsi que la mise à disposition de masques FFP2 en maternelle et pour tous les personnels qui en font la demande ;
– la suppression du jour de carence en cas d’effets secondaires du vaccin ou en cas de symptômes de Covid (et pas seulement en passant par la télé-déclaration Ameli), et la suppression du forfait payant pour les tests salivaires ;
La réouverture des écoles et établissements ne pourra se faire qu’avec la mise en place d’un protocole strict :
– la mise en place des demi-groupes dans l’ensemble des établissements du second degré, avec un cadrage national pour assurer l’égalité des élèves sur tout le territoire, et la possibilité de mettre en place des demi-groupes dans le premier degré lorsque la situation le nécessite ;
– le maintien de la fermeture de la classe et des différents groupes dès le premier cas de Covid (élèves comme personnels), alors que cette règle n’a finalement existé que pendant une semaine, entre le 27 mars et la nouvelle FAQ du 3 avril.
Enfin, il est bien sûr urgent de procéder dès à présent à une embauche massive de personnels de toute catégorie, notamment pour assurer les remplacements dans le premier degré ou dans les vies scolaires.
Nous appelons à s’appuyer sur la pétition intersyndicale nationale, soutenue par la FCPE, et sur ses revendications.
Nous rappelons que cette pétition intersyndicale appelait à des discussions d’ici le 20 avril : ces discussions n’ont toujours pas eu lieu.La question de la sécurité des personnels et des élèves est donc directement posée si la réouverture s’effectuait dans ces conditions à partir du 26 avril.

La rentrée de septembre 2021 ne peut se faire comme celle de 2020 !

Alors même que les écoles et établissements connaissent une deuxième année consécutive catastrophique pour les élèves et les personnels, le ministère continue d’annoncer des baisses drastiques de moyens, avec des DHG et des cartes scolaires catastrophiques. Nous dénonçons ces nouvelles suppressions massives de postes et fermetures de classe. Dans la situation que nous connaissons, il est impensable qu’elles puissent avoir lieu : il faut un gel de toutes ces suppressions de moyens !
Au contraire, il est urgent d’embaucher des personnels de toute catégories dans l’Éducation nationale, à commencer par des personnels remplaçants dans le premier degré, mais également des personnels de vie scolaire et des agents d’entretien pour tous les établissements !
Nous rappelons notre soutien aux mobilisations des AED et des AESH, personnels les plus précarisés de notre secteur, et appelons à populariser et soutenir leur mouvement et leurs initiatives, notamment par des caisses de grève.


Les examens ne peuvent avoir lieu au mépris de la situation sanitaire !

Continuant de faire fi de la situation sanitaire et de la rupture d’égalité entre candidats depuis novembre dernier, du fait de la mise en place à géométrie variable des « demi-jauges » en lycée, le ministère Blanquer prétend maintenir des épreuves du baccalauréat.
Pour nous, il est clair que le refus par Blanquer de toute discussion sur les programmes et l’absence de cadrage national pour l’organisation des cours en lycée depuis novembre rendent impossible la tenue des examens. Même si nous continuons à être opposés au bac en contrôle continu, la seule décision raisonnable dans le contexte actuel consiste en une annulation pour cette session 2021 des épreuves de français et de philosophie. Nous rappelons également notre revendication de suppression définitive du « grand oral », ainsi que du chef d’œuvre en lycée professionnel. De la même façon, les épreuves de BTS ne peuvent avoir lieu. Nous dénonçons d’ailleurs la situation qui a été réservée à certains candidats obligés de venir composer alors qu’ils étaient malades, et qui ont ainsi pu contaminer d’autres étudiants.
Il est urgent que des annonces claires soient faites sur la tenue des épreuves terminales, d’ici la reprise des cours en lycée, pour ne pas laisser les élèves et les personnels dans l’incertitude permanente.
Nous rappelons également notre opposition aux E3C : nous dénonçons la convocation d’élèves qui ne les ont pas passées l’an dernier pour les passer cette année. Nous revendiquons leur neutralisation et leur suppression définitive.Enfin, il est essentiel que les programmes soient aménagés pour tenir compte des organisations pédagogiques depuis novembre, ainsi que des effets du confinement de mars 2020.

Se mobiliser pour assurer la sécurité des personnels et des élèves !

À l’heure actuelle, il paraît clair que les conditions et garanties sanitaires ne seront pas réunies le 26 avril, ni même le 3 mai, pour une réouverture des écoles dans des conditions satisfaisantes de sécurité.
Dès maintenant, nous appelons donc à :
se réunir en distanciel en assemblée générale d’écoles et établissements, en conseil des maîtres, et en AG locales inter-degrés en amont du 26 avril, pour discuter collectivement de comment obtenir les conditions et garanties sanitaires pour une réouverture ;
– se saisir collectivement du droit d’alerte pour danger grave et imminent, partout où les conditions sanitaires ne seront pas réunies ;
– mettre en débat le fait de refuser d’être placé en situation de danger grave et imminent en faisant valoir son droit de retrait ou en exerçant son droit de grève (des préavis nationaux de grève couvrant l’ensemble des personnels du premier et du second degrés ont été d’ores et déjà déposés par les organisations syndicales tous les jours dès le 26 avril) ;
déposer des intentions préalables de grève pour les professeurs des écoles (voir pièce jointe pour un modèle valable à compter du mardi 27 avril, à envoyer d’ici samedi 24 avril à 23h59) ;
soutenir et rejoindre en inter-degré les actions locales dans le premier degré, par exemple en allant tracter devant les écoles le 26 avril au matin ;
diffuser la pétition intersyndicale nationale sur la réouverture prévue le 26 avril, en y ajoutant les revendications que les personnels jugeront nécessaires, notamment sur la nécessité des demi-groupes en collèges et lycées.

D’ores et déjà, plusieurs dates de mobilisation sont posées, dans lesquelles nous appelons à faire apparaître les revendications propres à notre secteur :
le vendredi 23 avril : journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme de l’assurance chômage.
(En Île-de-France, une manifestation partira à 14h de Place d’Italie en direction de Bastille ; une action aura lieu préalablement entre 10h et 12h autour du théâtre de l’Odéon.)
le samedi 1er mai : journée internationale des travailleurs et travailleuses.
(En Île-de-France, une manifestation partira à 14h de République en direction de Nation.)
le jeudi 20 mai : date de mobilisation des AED, avec une manifestation nationale prévue à Paris. Nous appelons à construire cette date dans toute l’Éducation pour ne pas laisser isolée la lutte historique des AED, et proposons à la coordination nationale des AED d’en faire une journée de mobilisation de toute l’Éducation contre la précarité ;
le 12 juin : manifestation contre les plans de licenciements et contre les suppressions de postes dans les services publics.

La prochaine réunion de coordination nationale de l’Éducation se tiendra le mercredi 28 avril à 18h, deux jours après la réouverture prévue des écoles.

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