Chronique des sexismes ordinaires (revue n°10 de juin 2021)

Chronique des sexismes ordinaires (revue n°10 de juin 2021)

PARCE QUE C’EST AUSSI UNE FORME DE HAINE

Charge mentale – se faire entendre

Une femme passe en moyenne deux fois et demie plus de temps aux tâches domestiques que les hommes dans un couple hétérosexuel. (voir lien ci-dessous étude européenne IFOP datant de 2019).Face au constat que parler ne marche pas, une britannique trentenaire mère de trois enfants, épuisée, décide le 15 mars dernier, sans rien dire de faire grève des tâches domestiques du jour au lendemain. Le logement se transforme dès le jour suivant : vaisselle accumulée, poubelles remplies pas descendues, papier toilette non remplacé, tas de vêtements sales dans les chambres… Au quatrième jour seulement le père se met à remplir le lave-vaisselle (mais oublie d’appuyer sur le bouton « marche »…). Durant ces quatre jours les messages de Miss Potkin (le pseudo de cette mère) accompagnés de photos édifiantes, font le buzz sur Twitter. Elle reçoit des centaines de milliers de Likes, ainsi que le soutien et des témoignages de femmes vivant la même expérience. Le privé est politique comme disaient les féministes des années 1970. La révolution c’est aussi à la maison…

Véronique

2021 : Chahinez était la 39ème victime mais le comptage morbide continue

Le 4 mai dernier, l’émotion était très forte à l’annonce de l’assassinat de Chahinez Daoud par son mari, condamné à la prison pour violences conjugales. Cette jeune femme (31 ans), mère de trois enfants, a été tuée dans des circonstances atroces : après l’avoir blessée par plusieurs tirs d’armes à feu, le mari l’a aspergée d’essence et l’a immolée en pleine rue.

Comment un tel acte a-t’-il pu se produire alors que l’homme, condamné à 18 mois d’emprisonnement, était encore en période de sursis et qu’il devait répondre aux convocations du service pénitentiaire d’insertion et de probation ?

“Un certain nombre de dysfonctionnements”, “une suite de défaillances” répond cyniquement le rapport d’étape des ministères de l’Intérieur et de la Justice. Des expressions tellement lisses et convenues face à une réalité tellement terrifiante et inhumaine !

Combien de féminicides faudra-t-il encore pour que les dispositifs actés soient effectivement appliqués, comme par exemple les bracelets anti-rapprochement systématiques soi-disant généralisés à tout le territoire depuis le 1er janvier 2021 et la réquisition de toutes les armes des conjoints identifiés comme violents.

Combien de meurtres commis par des conjoints, des compagnons, des ex, connus des services de police faudra-t-il encore avant que ces femmes et ces enfants soient réellement protégé·es ?

“Les violences faites aux femme” comme priorité nationale de ce quinquennat… Nous avons dénoncé à maintes reprises dans cette page l’effet d’annonce, si peu suivi d’effets réels.

Et en attendant, les meurtres se poursuivent ; trois autres femmes sont mortes depuis Chahinez à l’heure où s’écrivent ces lignes.

Joëlle

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