Chronique des sexismes ordinaires (revue n°02 d’octobre 2021)

Chronique des sexismes ordinaires (revue n°02 d’octobre 2021)

Réponse de la bergère au berger

En Inde, depuis plusieurs mois des dizaines de millions de paysan·nes se mobilisent contre les mesures réactionnaires du gouvernement de Modi, encore plus impopulaire ave sa gestion calamiteuse du Covid. Des centaines de sites sont occupés, où se tiennent des AG populaires de masse pratiquant la démocratie directe. Les femmes et les plus pauvres sont en première ligne de cette lutte. Ces derniers jours, pour montrer l’illégitimité du pouvoir, c’est un “Parlement paysan”, siégeant quotidiennement à 150m du Parlement officiel… et regroupant uniquement des femmes ! Il formule des revendications pour l’ensemble des catégories dominées de la société, notamment les femmes. Il est vrai que si dans ce pays les mobilisations pour les droits des femmes sont fortes, il y a vraiment de quoi faire ! Au plus haut niveau du pouvoir, le sexisme ordinaire s’épanouit. À commencer par le premier ministre Modi, par exemple à propos de son homologue du Bangladesh (“Il est réconfortant que le premier ministre du Bangladesh dise ouvertement qu’il a une tolérance zéro à l’égard du terrorisme, bien qu’il soit une femme”). Crimes, agressions sexuelles de masse, mariages massifs de mineures… la route est encore longue.

Quentin

“Heartbeatact” en vigueur au Texas

Depuis le 1er septembre, la loi dite du “battement de cœur” est effective dans l’État du Texas. Concrètement, le texte interdit tout avortement à partir du moment où un battement de cœur du fœtus est détecté, à savoir six semaines de grossesse. La majorité des jeunes filles, des femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes à ce stade. Pas d’exception en cas de viol ou de rapports incestueux à l’origine de la grossesse. Les conséquences de cette loi vont être catastrophiques pour les femmes.
La Cour suprême (à majorité républicaine depuis Trump) qui jusqu’alors avait toujours fait barrage à l’entrée en application des lois restrictives sur l’IVG promulguées par les États les plus conservateurs n’a pas suspendu cette fois l’application de cette loi. Les juges ont sciemment remis en cause le droit des femmes à disposer de leur corps. C’est un retour en arrière de près d’un demi-siècle.

Et pendant ce temps là, au Mexique

À quelques jours près de l’entrée en vigueur de la loi texane, l’espérance vient d’un pays frontalier du Texas. En effet, le 7 septembre, la Cour suprême du Mexique, à l’unanimité, a jugé inconstitutionnelle la criminalisation des avortements dans l’État de Coahuila, qui se trouve le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Cette décision établit une jurisprudence qui va permettre aux Mexicaines d’accéder à l’IVG, jusqu’alors légalisé à Mexico et dans seulement 3 des 31 États du Mexique.
Plus aucune femme, dans aucun État du Mexique (pays extrêmement catholique), ne pourra être poursuivie pour avoir eu recours à une interruption volontaire de grossesse, alors que jusqu’à présent elles étaient accusées du délit d’avortement volontaire et passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à trois années d’emprisonnement.
Le droit des femmes à disposer librement de leur corps demeure un enjeu majeur de la société patriarcale. La mobilisation et la solidarité internationale s’imposent pour lutter contre les reculs et élargir les droits des femmes partout dans le monde..

Joëlle

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