Chronique des sexismes ordinaires (revue n°04 de décembre 2021)

Chronique des sexismes ordinaires (revue n°04 de décembre 2021)

Un pas de plus pour le langage inclusif

La nouvelle fait couler beaucoup d’encre, et comme souvent on peut remercier les détracteurs de la langue inclusive de nous avoir appris, ce qui, sans eux, aurait sans doute mis plus de temps à être connu : le dictionnaire web du Robert a tout récemment ajouté à ses définitions le pronom “iel” et ses déclinaisons (iels, ielles…). “Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre”. La version papier 2022 du dictionnaire devrait l’intégrer également. Ce pronom, utilisé beaucoup à l’oral mais aussi quelques fois à l’écrit, peut se voir comme la contraction des formes “masculine” et “féminine” du pronom personnel sujet de la troisième personne habituellement utilisées, et permet davantage d’inclusivité pour s’adresser à ou désigner des personnes indépendamment de leur genre. Comme toujours c’est, au dire des journaux qui s’offusquent de cet ajout, une offense majeure à la langue française, un pas de plus vers une idéologie dangereuse qui nous ronge sans que nous en soyons pleinement conscient·es… Les siècles d’oppression, eux, ne véhiculent en revanche rien de très dangereux… On ne le répétera jamais assez, mais le langage imprime les choses et influence notre conception du monde. Un petit pas, certes, mais nécessaire face à l’ampleur du chemin qu’il nous reste pour mettre à mal le système d’exploitation et d’oppression dans lequel nous vivons !

Karine

La lutte contre les violences passe encore à la trappe

En novembre dernier, le Collectif #NousToutes vient de révéler les résultats d’une enquête menée en juin 2021, auprès d’un grand nombre d’établissements du second degré concernant la nomination de “Référents égalité” (nomination pourtant obligatoire dans tous les établissements depuis mars 2018).

Ces référent·es égalité ont pour mission d’agir pour la promotion et la transmission d’une culture de l’égalité entre les filles et les garçons, pour la prévention des violences sexistes et sexuelles à l’école. Ils/elles sont chargées du “partage” de “dispositifs existants pour sensibiliser les jeunes et éventuellement les parents, à l’égalité entre les sexes”. Le 8 mars 2018, la déclaration de Blanquer souligne pourtant l’importance de la mission mais trois ans après qu’en est-il ?

Un bilan peu glorieux. Sur un millier de lycées contactés par le collectif militant, 258 ne savent pas si un·e tel·le référent·e existe dans l’établissement… Pour les autres, 68 % déclarent ne pas en avoir. Et dans le cas où cette personne existe dans l’établissement, (un·e professeur·e, un·e conseiller·e d’éducation), elle déplore son manque criant de moyens : pas de ressources dédiées ni d’heures de délégation pour remplir sa mission.

On n’est malheureusement pas très surpris·es par les résultats de l’enquête. On a pris l’habitude de constater, l’écart, le gouffre, qu’il peut y avoir, entre les déclarations de ce gouvernement “effet d’annonce” et “poudre aux yeux”et les faits, les réalisations concrètes et mesurables sur le terrain.

Macron n’avait-il pas déclaré, le 25 novembre 2017, l’égalité entre les femmes et les hommes “grande cause du quinquennat” ? Dans les établissements scolaires, comme ailleurs, les moyens n’y sont pas.

Joëlle

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