Émancipation


tendance intersyndicale

Un mois dans le monde (mai 2022)

Quiz électoral

Au premier tour des présidentielles à Paris, Mélenchon est logiquement arrivé en tête dans les arrondissements populaires et Macron dans les arrondissements bourgeois. Il y a une exception : le premier arrondissement. Les prolétaires des Tuileries sont rares et pourtant Mélenchon était en tête. L’explication est simple. Le ministère de la Justice se trouve là et c’est lui qui centralise les votes des détenu·es. Ceux et celles-ci, comme les quartiers populaires, ont émis un “vote de classe”.

En Israël, les franco-israélien·nes (qui sont bien souvent des colons) se sont largement abstenu·es. Ceux et celles qui ont voté au premier tour ont mis en tête Éric Zemmour avec 53 % des voix. Des colons votant pour un pétainiste ? Ben non, il n’y a pas d’erreur.

Nos chères colonies

Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion sont passées d’un vote massif pour Mélenchon au premier tour à un vote massif pour Le Pen au second. Bien sûr, il y a une composante raciste dans ce vote. Contre les Haïtien·nes en Guadeloupe, les Surinamien·nes en Guyane, les autres Comorien·nes à Mayotte. Mais il y a une exaspération massive contre un colonialisme répressif où une partie importante de la population est passée sous le seuil de pauvreté. On est quand même loin de l’époque où les manifestant·es antillais·es empêchaient l’avion du père Le Pen d’atterrir.

Boutcha

Dans cette ville située près de Kiev et occupée par l’armée russe du 27 février au 31 mars, des crimes contre l’Humanité ont été commis : meurtres de masse, exécutions sommaires, viols, actes de torture… Le nier, c’est du révisionnisme. Poutine qui n’arrête pas de traiter les Ukrainien·nes de “nazis” a une armée qui utilise des méthodes nazies. L’histoire dira s’il a donné l’ordre de perpétrer ces crimes ou s’il a simplement laissé faire.

À bas la guerre

Qui aurait cru qu’une guerre avec ses bombardements massifs et ses populations écrasées sous les bombes serait possible en Europe ? Comme en Afghanistan autrefois, l’Occident ne combat pas directement, mais envoie les armes les plus sophistiquées à l’armée ukrainienne. La destruction du croiseur Moskva, coulé le 13 avril par des missiles, en est la preuve. On connaît le résultat tragique des armes déversées en Afghanistan ou en Irak. Derrière la défaite plus que souhaitable de l’armée russe, le pire est à prévoir : une Europe totalement “Otanisée” et des armes de haute technologie dans les mains de groupes (comme le régiment Azov) dont le comportement et les valeurs font peur.

Hongrie

Marine Le Pen aura pu se consoler avec la réélection éclatante, le 3 avril, de son grand ami Viktor Orban. Il y a quelques leçons à tirer de ce vote. D’abord une union sans principe et sans programme allant des anciens communistes aux néofascistes du Jobbik en passant par les ultralibéraux avec pour seule finalité celle de “faire barrage”, ça ne fonctionne pas. Ensuite, en dehors de la capitale où vit une nouvelle bourgeoisie occidentalisée, la Hongrie reste un pays rural. Et Orban, à la différence des libéraux, a su s’adresser à cette population en veillant à maintenir des barrières de protection pour qu’elle ne plonge pas dans l’exclusion et la grande pauvreté. Tout en verrouillant les medias et l’appareil d’État et en essayant d’imposer partout les pires valeurs nationalistes ou xénophobes. C’est à méditer quand on regarde le vote ouvrier ou paysan en France.

Assange

La justice britannique est vraiment formidable : une contravention légère pour Boris Johnson qui faisait ripaille pour son anniversaire alors que tous ses concitoyen·nes étaient confiné·es.

Et une extradition confirmée pour Julian Assange qui risque aux États-Unis la perpétuité pour nous avoir informé·es sur les œuvres occultes du complexe militaro-industriel. On vit un monde formidable. Les grands capitalistes contrôlent la quasi-totalité des médias et ceux ou celles qui tentent d’échapper à cette mainmise sont bâillonné·es. Il n’y a pas que chez Poutine qu’on ne peut plus informer.

Al Aqsa

Le Ramadan de 2021 avait eu lieu en mai. Le pouvoir israélien avait agressé sur tous les fronts : Jérusalem, les Palestinien·nes d’Israël et Gaza où il y avait eu plus de 100 mort·es. Il vient de récidiver à l’occasion du Ramadan 2022. Les images des soldats lançant des bombes lacrymogènes à l’intérieur de la mosquée Al Aqsa ou tirant sur la foule sur l’esplanade des mosquées ont fait le tour du monde. Le roi du Maroc Mohammed VI, nouvel allié d’Israël qui lui vend des armes, qui préside le “comité Al Qods pour la préservation de Jérusalem ville sainte” a “exprimé sa préoccupation”.

Ce qui se passe à Jérusalem n’a rien à voir avec un conflit religieux. C’est bien l’identité même de la Palestine que l’occupant veut détruire et il autorise désormais régulièrement les colons qui veulent détruire la mosquée et “reconstruire le temple” à multiplier les provocations. En même temps, malgré le rapport d’Amnesty International, les assassinats de civil·es et les arrestations d’enfants se multiplient.

Conséquence de ce qui vient de se passer : la coalition Bennett-Lapid qui avait renversé Nétanyahou est fragilisée. Le parti “arabe” collabo Raam a suspendu sa participation au gouvernement.

Mali

Des centaines de personnes ont été massacrées dans le village de Moura par l’armée malienne et les mercenaires russes du “groupe Wagner”. Celui-ci a riposté à ces accusations en révélant l’existence d’un charnier, résultat d’un massacre attribué à l’armée française. Comme dans d’autres pays, les interventions militaires impérialistes s’accompagnent d’un cortège de bavures commises au nom de la “lutte contre le terrorisme”.

Pierre Stambul


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