La gestion de la crise

La gestion de la crise

Dossier

La gestion erratique de cette crise par Macron, dictée par des impératifs, idéologiques, économiques et électoralistes est criminelle et liberticide.

Dans son discours de “chef des armées rassembleur” à Mulhouse, Macron a dénoncé les germes de division au sujet des masques, des tests, des lits, des médicaments, tout ce sur quoi il devra rendre des comptes. Et il a tenté de s’inclure, avec le gouvernement, dans les cercles (on ne sait pas trop à quel niveau… certainement au centre) de celles et ceux qui payent de leur vie, de leur santé et de leur liberté, l’amateurisme, l’aveuglement idéologique, la morgue de ce pouvoir qui a pratiquement tout raté dans l’organisation de la défense contre le virus à part peut-être son insistance à sauver des entreprises. Son incitation à être fier·es et reconnaissant·es pour le rôle de chacun·e ne saurait le concerner, pas plus que son gouvernement, ni certaines autorités de santé et les médias les plus serviles.

Il n’est bien sûr pas l’objet du descriptif accablant pour le pouvoir macronien qui suit, de se débarrasser de ce dernier immédiatement au milieu de la crise, comme il n’a pas hésité à le faire avec Buzyn, pour un bénéfice électoral de peu de poids par rapport aux enjeux du moment. Mais il est important de prendre date au moment où ce pouvoir cynique et menteur travaille déjà, en lien avec les instances du système capitaliste au niveau européen et mondial, ainsi qu’avec les think tanks et fondations du libéralisme conquérant (Bill Gates notamment hyper-actif dans la période) sur la façon de ne pas assumer ses lourdes responsabilités, et sur les attaques d’après, dans un contexte où les gens ont besoin de se rassurer et d’espérer en l’efficacité des mesures tardives et inadaptées et ont du mal à dénoncer, à se confronter et à se mobiliser.

Comme le décrit le docteur Patrick Silberstein dans son texte Un virus très politique, la crise du système de santé s’aggrave avec la crise sanitaire “non parce que le gouvernement ne fait rien, mais parce que ce qu’il fait est tardif, peu cohérent, faible et peu intelligible”.

La gestion erratique de cette épidémie par le pouvoir peut déjà être mise sur le compte de son amateurisme. Il n’a indéniablement pas anticipé la crise. Alors que le premiers cas de pneumonies interstitielles sévères contagieuses à Wuhan sont publics depuis fin décembre, que les publications scientifiques sont très vite claires sur la dangerosité et la contagion du nouveau virus, qu’Agnès Buzyn affirme avoir alerté dès janvier le Premier ministre sur la gravité de l’épidémie  (Le Monde du 17 mars), le gouvernement trop occupé à essayer de mater la mobilisation et la résistance parlementaire sur les retraites ne vérifie pas les disponibilités de la réserve opérationnelle, ne passe aucune commande pendant deux mois. Du coup c’est l’insuffisance de personnels hospitaliers, de lits, de tests, de masques, de lunettes de protections, de respirateurs… qui va dicter la politique et la communication du pouvoir. Et le “conseil scientifique” dont s’est affublé ce dernier depuis mi mars (en fait un cénacle d’expert·es choisi·es un peu à la façon des plateaux télé), à défaut de pouvoir éclairer les obscures décisions gouvernementales, se borne à les cautionner, à commencer par la vertigineuse succession de manques, chacun fatal à une prise en charge correcte de l’épidémie et qui en plus s’aggravent les uns les autres.

Le manque de tests

Le manque de tests est le premier niveau de l’incurie dramatique du régime de Macron, moins dénoncé que le manque de masques, mais essentiel puisqu’il a entraîné l’arrêt rapide de la seule politique efficace contre le virus.

L’histoire de ce manque de test, approfondie dans l’article, par ailleurs très complet sur les tests, d’un médecin récemment retraité de l’industrie pharmaceutique “ce qui préside à la gestion de cette crise sanitaire n’obéit pas à une logique de santé, mais à des impératifs économiques, c’est-à-dire politiques”, paru dans Lundi Matin du 23 mars, est édifiante. Lorsque les tests ont commencé à manquer c’est parce qu’on n’avait pas fourni de masques aux personnes effectuant les prélèvements, particulièrement exposées vu la forte charge virale de ces prélèvements Une fois les masques plus ou moins obtenus, il a manqué du solvant qui permet de transporter les prélèvements. Puis ça a été les tests, qui ont fini par manquer. Une telle succession de manques liés à l’absence de prévision dans un état industrialisé, doté d’un système de santé réputé performant, dans un monde d’échanges commerciaux optimisés est déjà condamnable en soi, et les responsables devront rendre des comptes. Mais l’exécutif de ce pays parmi les plus riches et qui se prétend influent sur la scène internationale, aurait dû se donner les moyens de corriger dans l’urgence de telles carences et ce “quel qu’en soit le coût” comme répète Macron, afin de poursuivre la politique de dépistage et d’isolement préconisée par l’Organisation mondiale de la santé et correctement initiée en France en janvier. Mais aucun plan d’urgence à la hauteur des besoins en tests et en masques, ni surtout aucune commande n’ont été mis en place pendant de longues semaines au cours desquelles les politiques ont laissé filer la maladie derrière leurs déclarations rassérénantes, “on est prêt… l’État tiendra…”, préconisant juste de protéger les personnes fragiles et très progressivement de réduire les rassemblements, mais pas le gigantesque rassemblement évangélique de Mulhouse, du 17 au 21 février, lors duquel plus de 1000 personnes ont été contaminées, et dont on a vérifié qu’il a été le foyer de la généralisation de l’épidémie dans le Grand-Est et en France. Pourtant, la venue de Macron dans cette ville, à quelques mètres de ce rassemblement le mardi 18 aurait dû attirer l’attention des services de sécurité, sanitaires et présidentiels. Mais bien sûr Macron n’était pas là pour ça, mais pour l’urgence électorale de s’occuper de stigmatiser une autre religion. Une partie des scientifiques, soit par proximité avec le pouvoir ou arrivisme, soit parce qu’ils-elles n’avaient pas pu constater ni concevoir tout de suite qu’on abandonnât la stratégie préconisée par l’OMS et mise en œuvre avec succès en Asie, ont fait des déclarations inconséquentes, pour rapidement rejoindre leurs collègues qui n’ont cessé d’alarmer et d’exiger des mesures urgentes. À la mi-mars, au vu de l’évolution dans le pays et en Italie, pour limiter la catastrophe annoncée il ne restait plus que la stratégie du confinement, beaucoup plus coûteuse en vies humaines, et pathologies diverses liées au coronavirus, à la saturation hospitalière mais aussi au confinement qui  fait peser sur chacun·e l’angoisse très déstabilisante d’être potentiellement porteur·euse et vecteur·trice du virus.

L’auteur de l’article de Lundi matin va plus loin, il laisse entendre que la décision politique d’arrêter la stratégie dépistage/isolement, ne serait pas qu’une adaptation à la disponibilité très insuffisante des tests, mais aurait obéi à des choix économiques n’ayant rien à voir avec la protection de la santé publique. D’après lui le pouvoir aurait fait ses calculs : la généralisation pour 67 millions de personnes de ce test qui coûte une centaine d’euros et a le gros inconvénient d’être remboursé par la sécu (qui a tout de même été créée pour encaisser y compris ces situations très difficiles), reviendrait au moins à 6,7 milliards, “pognon de dingue”. Analyse à rapprocher de celle du Monde du 14 mars sur la tentation de Macron pour la stratégie néolibérale des Johnson, Trump… de laisser l’immunité collective “naturelle” faire son travail, pour ménager l’économie “quel qu’en soit le coût” en vies de personnes sensibles et âgées. D’ailleurs, l’annonce de report à la fin du confinement d’une multiplication des tests… quand on en aura, n’est pas seulement d’un cynisme abject : Véran et Salomon ont précisé que la majorité de ces tests seraient sérologiques, permettant de mesurer l’immunité acquise d’un individu ou d’une population, mais pas de protéger les individus, ni la population contre la maladie… et donc a priori pas remboursés par la sécu et en tout cas bien moins chers que les tests de charge virale.

Le manque de masques

Le manque de masques et autres matériels de protection est devenu la honte de nos gouvernants, pour le fait en lui-même, avec ses graves conséquences, mais aussi pour l’insolence et l’inefficacité du pouvoir suite à cette lamentable évidence.

– campagnes mensongères et criminelles sur l’inutilité du masques et contagion galopante avec des décès de plus en plus nombreux y compris pour les soignant·es, ce qui accroît la désorganisation et l’exténuement des personnels de santé, à bout du fait de l’insuffisance d’effectifs ;

– mensonges permanents de Macron, Véran, Salomon… sur la question du nombre de masques disponibles et sur les dates où ils seront livrés, sur le nombre de ceux qu’avait laissés le quinquennat Hollande (d’après Marisol Tourraine et les documents officiels produits par la presse).

Alors que le nombre, d’ailleurs très insuffisant, de masques à venir annoncés par Salomon, sans dates d’échéance, ni preuve de commandes, on se perd en conjectures : un entrepreneur français en Chine dit avoir été informé par les entreprises du pays disposant d’énormément de masques qu’elles n’ont reçu aucune commande de qui que ce soit en France.

Le manque de personnels, de lits et de matériels

Le manque de personnels et de lits, de respirateurs et autres matériels de réa, condamne des milliers de personnes :

– saturation du système hospitalier avec ses conséquences de morts de trop, injustes, du Covid-19 ou d’autres affections qui auraient pu être soignées. Le 25 mars, Hirsch est paru très préoccupé par le manque de lits et l’approche de la saturation en Île-de-France, qu’il a organisé et continue d’organiser avec la suppression maintenue de 1000 lits de long séjour, dont 150 dans le 94 ;

– privation scandaleuse des soins dans les hôpitaux publics pour les personnes âgées confinées dans leurs EHPAD, qui y contractent la maladie du fait de l’insuffisance de matériel de protection et y meurent, privé·es en plus de la présence de leur famille.

Alors que l’Espagne a commandé à la Chine des tonnes de matériel dont un milliard de masques, de très nombreux respirateurs pour lutter contre la maladie, Macron en est encore à se congratuler de pouvoir disposer des quelques respirateurs de l’armée, dans son discours depuis l’hôpital de campagne (unique et minuscule en rapport des réalisations chinoises, espagnoles et anglaise de centaines et milliers de lits). Et d’après Loïk Le Floch-Prigent, des entreprises françaises ont proposé de fabriquer des respirateurs et le gouvernement a refusé.

Les mensonges, eux, ne manquent pas

Pour tenter de masquer ou minimiser ses responsabilités dans tous ces graves dysfonctionnements, le pouvoir profère des cascades de mensonges (“c’est la faute aux autres gouvernants…”, “… aux personnes qui ne respectent pas nos mesures”, “les masques sont plus dangereux qu’utiles”…), d’affirmations péremptoires erronées dont Véran s’est fait une spécialité (“nous sommes le pays qui fait le plus de tests”…), de promesses non tenues (comme Macron, le lundi 16, “arrivée des masques demain et après demain”…), d’injonctions contradictoires : Blanquer démenti de façon cinglante plusieurs fois, un secrétaire d’État affirmant qu’il y a assez de masques, quand ses collègues reconnaissaient le contraire, cafouillages systématiques dans les explications des règles de confinement, notamment E. Philippe, qui, le 23 sur TF1 saborde le confinement en définissant la possibilité de sortir jusqu’à un kilomètre de son domicile pendant une heure, une fois par jour, avec chien et – c’est nouveau – enfants, alors que “la pratique admise” et le bon sens quitte à être confiné, limitait, en ville, ces sorties au pâté de maison. Une telle inconséquence est en mesure d’ajouter au désarroi des soignant·es qui demandent tou·tes un confinement plus strict et elle est en contradiction avec les nouveaux durcissements  pour la santé (obligation de convocation d’un médecin), pour les marchés (interdiction sauf dérogation), incitation à la généralisation des couvre-feux lancés par des maires d’extrême droite…

Depuis le scandale des masques et l’affaire de l’hydrochloroquine, la stratégie gouvernementale est apparue pour ce qu’elle est inconsistante et peu crédible. À la perte de confiance au niveau social, liée à la mobilisation contre le projet de retraite à points, s’ajoute celle au niveau sanitaire, ce qui rend les consignes utiles peu crédibles et favorise encore plus les replis individualistes, les angoisses et psychoses collectives, le sac des supermarchés, les vols de médicaments ou de masques…

Intérêts économiques et électoralistes avant la santé

Ce pouvoir est d’autant moins impardonnable, qu’il n’a cessé de privilégier à la santé de la population des intérêts économiques et électoralistes. Dans ses deux discours, du jeudi 12 et du lundi 16, Macron a surtout insisté sur les efforts pour les entreprises. Le seul chiffrage précis c’est les 300 milliards pour cautionner les prêts aux entreprises, contre les deux milliards à l’Hôpital, utilisation de la crise pour à la fois continuer à subventionner les patrons et aussi prendre date pour aider une fois de plus le système bancaire dans la crise que l’épidémie n’a fait que précipiter, 12 ans après le premier renflouement par des fonds publics de sa fringale de gains, comme le développe Lordon, le 11 mars, dans son blog du Monde Diplomatique “Coronakrach”. Ces choix et la scandaleuse incitation de Lemaire à verser une prime de 1000 euros pour que des travailleur·euses d’entreprises non indispensables à la vie du pays continuent à aller se faire infecter à leur travail (toujours du fait de l’insuffisance de protections). Cette politique a donné des ailes au MEDEF qui a proposé aux organisations syndicales un communiqué commun honteux qui marquera définitivement – souhaitons le – la coupure entre celles qui le signent et celles qui le combattent.

L’aspect bassement politicard de Macron, avec le remplacement autoritaire de la ministre de la santé en pleine crise du Covid-19, pour la faire candidater à la mairie de Paris, alors qu’elle-même pensait que les élections ne devraient pas avoir lieu et avec surtout ce maintien criminel du premier tour des élections municipales, avec leurs dizaines de millions d’interactions sociales… et leur centaines de membres des bureaux de votes, assesseurs·euses, maires… infecté·es, mort·es… sans compter les électeur·trices !

Sur ce coup là, les divers cadres politiques d’autres bords, sont autant responsables. Ils/elles auraient mieux fait de préparer l’alternance.  

Un abject pari sur l’épidémie

Mais il y a plus grave, comme le rappelle Le Monde, dans son article du 14 mars, la stratégie choisie par Macron, comme par le dangereux Johnson en l’Angleterre (cf supra), a été de laisser la maladie suivre son cours sans dépistages systématiques, ni mesures de confinement pendant beaucoup trop longtemps, dans l’espoir que la grande partie de la population, infectée, serait ainsi immunisée une fois pour toute, ce qui dans l’état actuel des connaissances n’est par ailleurs pas totalement sûr. Mais ce qui est sûr c’est que ce type de choix revient à sacrifier une bonne partie des personnes fragiles (âgées, malades, suivi.es en psychiatrie…). Ces personnes plus exposées peuvent d’autant plus penser qu’elle sont sacrifiées au vu des consignes pour “trier” les malades dans certains hôpitaux, car on ne peut soigner tout le monde. Tout ça rappelle de très mauvais souvenirs, D’autant que des personnels sont menacé·es de sanctions, s’ils/elles diffusent ces consignes, L’auteur de l’article du Monde ne va pas jusqu’au bout de son raisonnement. L’intérêt de cette stratégie c’est de permettre de reprendre au plus vite l’activité économique, contrairement à la stratégie des “cluster” consistant à détecter et à isoler les foyers, qui avait été mise en place en France au début de l’épidémie avec d’indéniables succès, plus efficace pour protéger les populations et particulièrement les plus fragiles, mais pouvant durer beaucoup plus longtemps.

Reprendre le travail et l’activité économique au plus vite et au passage sacrifier un grand nombre de personnes non productives, on est en plein dans la doxa ultralibérale de Macron.

Un système hospitalier fragilisé auquel Macron refuse des mesures d’urgences

Le pouvoir n’a même pas l’excuse de ne pas avoir été informé des problèmes. Depuis plus d’un an les personnels de santé sont mobilisés, notamment au sein des collectifs inter-urgences et inter-hôpitaux, expliquant que l’hôpital ne peut plus assumer ses missions sans recrutements et financements d’urgence en raison du sous financement (instauré par la tarification à l’acte ou à la moyenne d’activité, aggravé par les crédits rabotés par Macron) et donc du sous équipement (fermeture d’hôpitaux, de services, de lits, insuffisance de personnels…).  Et c’était avant la crise, alors depuis… Le système hospitalier public ne peut plus répondre à une crise sanitaire de la taille de l’épidémie Covid-19, de surcroît mal gérée pendant deux mois, “une guerre” comme le rabâche Macron, mais une guerre dans laquelle on demande aux soignant·es de se battre sans munitions ni protections, ce qui donne un avantage certain à “l’ennemi invisible”.

Mais là aussi voyons plus loin. Le rêve des libéraux c’est d’attaquer enfin la sécurité sociale au cœur à la faveur d’un krach de l’hôpital public, qui emporterait la branche santé après celle des retraites. Quant aux promesses de “l’appel de Mulhouse” de Macron annonçant un plan d’investissement et de revalorisation pour la santé ? Ce serait un minimum, vue la surdité totale vis-à-vis des exigences des personnels de santé gazé·es et tabassé·es depuis plus d’un an, vue la reconnaissance forcée du pouvoir de l’énorme investissement pendant l’épidémie “des personnels  des hôpitaux, du service public de la santé […] ces héros et héroïnes en blouse blanche qui se  sont engagé·es avec dévouement et efficacité…”. Mais jusqu’ici, assortie à l’époque d’aucun engagement ni même réponse aux propositions pour répondre à l’urgence. Mais ce n’est qu’une promesse, après beaucoup d’autres, pour “après la crise”, toujours sans le moindre chiffrage, contrairement aux efforts pour les entreprises, comme l’avait relevé le représentant de la Coordination inter-hôpitaux (Cf. encadré). N’oublions pas les PPCR et à présent les augmentations des enseignant·es bien loin des revendications salariales et dans les deux cas en contrepartie de dégradations statutaires On peut déjà voir que Hirsch continue à fermer des lits et que l’exigence de recrutements immédiats reçoit pour toutes réponses un appel national aux bonnes volontés et la proposition de Pécresse d’employer des étudiant·es, payé·es comme des aides soignant·es ou infirmier·es, en fonction de quel niveau de spécialisation dans leur formation de math ou d’électronique, ça on ne la sait pas. o

François Salachas (le neurologue représentant de la Coordination inter hôpitaux, qui avait interpellé Macron à la Pitié Salpétrière) est choqué par le fait que Macron donne des gages de confiance aux entreprises sans donner au moins les mêmes aux personnels hospitaliers.

Il rappelle que le temps de l’épidémie n’est pas le même que celui de l’entreprise et qu’il y a une extrême urgence à prendre les décisions opérationnelles. Pour demander par exemple aux d’élèves infirmières qui doivent sortir de leur formation fin mars de venir tout de suite combler les vides dans les hôpitaux, en leur garantissant des conditions de sécurité et de salaires correctes.

Un tel “choc d’attractivité” qui pourrait aussi concerner en plus des médecins qui viennent de prendre leur retraite, celles et ceux qui n’ont pas la nationalité française et ne sont pas de la communauté européenne, est indispensable pour que l’épidémie n’achève pas de mettre l’Hôpital par terre et pour éviter ces “pertes de chances”, ces morts illégitimes qui auraient survécu avec un système de santé efficace, aussi bien les malades du Covid-19, que tou.tes celles et ceux souffrant d’autres pathologies qui n’auront pas trouvé de place. Sauf à penser que les décideur·euses et les possédant·es se gardent ce privilège d’une prise en charge du Covid-19 à deux vitesses.

Les cliniques privées, qui peuvent, encore à la date de cet article, continuer à choisir une partie de leurs patient·es en fonction de la rentabilité des actes, devraient se voir obligées de prendre exactement la même part que le public dans la lutte contre le coronavirus.

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