Le 8 mars, journée internationale de lutte des femmes

Le 8 mars, journée internationale de lutte des femmes

Dans le prolongement de la Commune

Dossier

Nantes

Un rassemblement puis une manifestation étaient prévus le lundi 8 mars dès 16h. Près de 1500 personnes se sont rassemblées Place Royale dans une ambiance assez jeune et dynamique, à l’appel de divers collectifs ou associations (féministes, queer, antiracistes, mais aussi le planning familial), ainsi que de l’intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires) dont la présence a été impulsée par le groupe Sorcières solidaires de sud 44 qui a tenté de proposer l’idée d’un micro ouvert à toutes et tous. Prises de paroles, chants, chorégraphies et collages ont animé la manifestation tout du long.

Crise sanitaire oblige, la tenue d’AG a été compliquée cette année et c’est plus la date qui a réuni les différents collectifs présents qu’un accord, même minimal, sur les revendications et objectifs. Chacun s’est organisé sans véritable coordination avec les autres, ce qu’on peut regretter d’autant qu’on sait possible de se retrouver dans la rue même sans accord sur toutes les revendications.

Et c’est bien ce point qui reste encore à construire dans les milieux féministes nantais comme ailleurs : des organisations syndicales considérées comme trop peu inclusives et qui peinent à s’ouvrir véritablement aux autres collectifs et associations, des collectifs radicaux centrés sur certaines revendications seulement… la troisième voie, celle de revendications inclusives, antiracistes, qui mettent au centre la grève du travail productif et reproductif, émerge mais manque encore de visibilité. La question de la grève avance donc, mais timidement encore.

Reste que l’événement a été un succès, visible, médiatisé et que les mouvements féministes prennent toute leur place dans le mouvement social.

Nous serons là, tant qu’il le faudra !

Karine

La Rochelle

C’est le dimanche 7 mars qu’a eu lieu cette année le rassemblement suivi de la manifestation de lutte pour les droits des femmes à La Rochelle. En l’absence d’appel intersyndical, l’association OLF17, avait décidé d’engager un travail de construction unitaire avec le collectif des “Elles à La Rochelle”. Ce collectif a pour vocation de rendre visible les femmes et leurs actions, à travers des conférences, des ateliers, des films et des débats durant tout le mois de mars. Ce collectif est malheureusement beaucoup plus “féminin” que féministe. Mais la question des stéréotypes, thème central de cette édition 2021, ainsi que l’arrivée d’une animatrice, prête à impulser au collectif une dynamique plus féministe justement, nous a incitées à préparer ensemble la manifestation.

Le rendez-vous sur la place du centre-ville, a rassemblé environ 200 personnes : une majorité de femmes, jeunes et moins jeunes, avec force pancartes massivement centrées sur l’égalité femmes-hommes, éternelle “absente”, que nous devons continuer à revendiquer en 2021 et tant qu’il le faudra. Le rassemblement se voulait militant et festif ; des chants et des danses ont accompagné les manifestant·es à travers les rues du centre-ville, jusqu’au vieux port où plusieurs prises de paroles ont eu lieu.

Il a été rappelé comment la crise sanitaire avait mis en lumière, la place occupée par le travail des “premières de corvées”, dans les secteurs essentiels à la société. On y a évoqué les luttes menées par nos aïeules, il y a bien longtemps (droit de vote, droit de posséder un compte en banque et un chéquier sans l’accord du conjoint, droit à l’avortement). Une autre intervention a mis l’accent sur les luttes internationales des femmes : la récente victoire des Argentines sur la question de l’avortement mais le recul des lois sur cette même question pour les Polonaises, les femmes afghanes assassinées car trop modernes, trop diplômées, les femmes migrantes qui connaissent les pires exploitations alors que l’État leur refuse l’asile auquel elles ont pourtant droit.

Alors que dans d’autres villes, une journée de grève a bien eu lieu le lundi 8 mars, cela n’a pas été envisageable à La Rochelle. Nous sommes quelques-unes bien déterminées à agir dès la rentrée auprès de nos camarades pour mettre en place les conditions d’une grève massive et réussie l’an prochain.

Joëlle

Var : coup de jeune

L’an dernier dans le Var, comme ailleurs, les luttes des femmes avaient franchi une étape lors des mobilisations des “grandes gagnantes” de la contre-réforme des retraites. Si la situation du pays continue à poser des problèmes pour agir et militer, cela n’empêche pas la lutte pour l’émancipation des femmes de gagner du terrain : pour la première fois depuis l’apparition de mobilisations unitaires pour le 8 mars, il y a eu une manifestation de rue – certes encore mesurée – à Toulon (et cinq rassemblements en tout dans l’académie de Nice), regroupant environ 250 personnes. Les deux thèmes principaux que voulait faire apparaître le collectif organisateur étaient la question des « premières de corvées », et celle de l’invisibilisation des femmes dans la société.

Un cortège très jeune (beaucoup de lycéen·nes et étudiant·es), coloré et avec de nombreuses pancartes, une présence syndicale très discrète hormis la CGT. Le départ de la manifestation s’est effectué devant le grand lycée de la ville (lycée Dumont d’Urville… rebaptisé pour l’occasion “lycée Gisèle Halimi”), où des collègues mènent depuis plusieurs années un travail pédagogique important sur les questions de discriminations et de sexisme. Le collectif unitaire de préparation avait proposé que sur le parcours soient placardées des fausses plaques de rues avec des noms de femmes illustres qui n’ont ni rue ni établissement scolaire/culturel à leur nom, mais aussi des noms de femmes anonymes “premières de corvée” (“rue Émilie C; conductrice de bus”). Le rassemblement a commencé vers 13h pour que des salarié.es puissent s’y joindre, a manifesté dans Toulon pour aboutir à son point d’arrivée vers une heure symbolique de l’inégalité de genre : 15h40.

Véro

Dijon

La manifestation a eu lieu le 6 Mars, à l’initiative du collectif du 25 Novembre. L’appel était lancé pour une manifestation en mixité choisie, contre les violences sexistes et sexuelles et pour défendre les droits à la procréation pour tou·tes. Le rendez-vous était donné en plein centre-ville, mais nous n’étions pas les seul·es au rendez-vous, six fourgons de CRS étaient présents. Pas grave, nous changeons le départ et retrouvons une autre partie de la manifestation place du Théâtre. La banderole de tête “Mon corps, mes choix, nos luttes” est déjà présente. Une ribambelle de pancartes se soulève, égrainant divers slogans allant de la dénonciation des violences, sexistes ou policières “Oin oin on peut plus rien dire”, “Non c’est non”, “On te croit”, “Moins de keufs plus de meufs”, ou encore en lien avec les luttes contre la réintoxication du monde : “Ne rasons ni poils, ni forêts”, “La planète, ma chatte, protégez les zones humides” et pour une révolution féministe : “La révolution sera féministe ou ne sera pas”, “Nous sommes les petit.e.s enfants des Sorcières que vous n’avez pas baillonné·es, venu·es mettre le Patriarcat au bûcher”.

Le départ est lancé, la manifestation prend possession des rues, elle est festive, joyeuse et déterminée. Le collectif de collages féministes en profite pour égayer les murs. Quand un mur dégagé se présente, elles lancent “mur, mur”, la manif s’arrête et encourage les colleuses en scandant “Nous sommes fortes, nous sommes fières et féministes et radicales et en colère”. Allant du “8 Mars, la rue est à nous” à “8 Mars : on veut pas des fleurs, la fin du patriarcat”, en passant par “Nous sommes tou·tes des guerrièr·es”, les slogans affirment la prise de possession des lieux et la lutte contre le patriarcat.

La manifestation fait une pause poétique pour des lectures au milieu des jonquilles, notamment un poème de Lisette Lombé, Cycloparade, et des textes personnels. La marche reprend vers la place de la République, pour rejoindre une manifestation contre les lois liberticides et en soutien au collectif Maskarade.

Marine

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