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Jénine

Tous les jours, l’armée israélienne entre dans ce camp situé au nord de la Cisjordanie où Ariel Sharon avait réalisé le plus grand massacre de la deuxième Intifada. Elle détruit des maisons, elle défonce les rues, elle tue indistinctement. Mais le principal objectif militaire c’est… le Théâtre de la liberté. Ce théâtre fondé il y a plus de 30 ans par Arna Mer Khemis a acquis une renommée mondiale. La résistance y est culturelle. Intolérable. L’armée israélienne ne pouvait pas laisser des “animaux humains” faire du théâtre. Elle a arrêté tous les dirigeants de ce théâtre.

Allemagne

Le soutien inconditionnel à l’apartheid israélien ne connaît pas de limite. La ville de Berlin qui avait interdit aux Palestinien·nes de la ville de célébrer la Nakba, fait arrêter les cyclistes qui portent des calicots pour la Palestine.

Dans le land de Saxe-Anhalt, toute personne demandant la nationalité allemande, doit signer une reconnaissance d’Israël !!

COP 28

La présidence de cette COP a été assumée avec succès par un féodal émirati dirigeant la compagnie pétrolière locale. Les congressistes sont arrivé·es en jets privés vers des hôtels climatisés gaspillant l’eau et l’énergie. La prospérité du pays repose sur le travail des 80 % d’immigré·es exploité·es et sans droits. Plus de 2500 lobbyistes des énergies fossiles étaient présent·es dans ce paradis capitaliste. Parmi eux, le PDG de Total Énergie était un des six membres de la délégation française. Il est parti rassuré. Il va pouvoir continuer de souiller les réserves naturelles d’Ouganda et de Tanzanie en toute impunité.

La comédie va se poursuivre avec la COP 29 qui aura lieu en Azerbaïdjan, pays pétrolier gouverné depuis toujours par la dynastie autocratique des Aliyev qui, à défaut d’éliminer les gaz à effet de serre, vient de réaliser un nettoyage ethnique dans le Haut Karabakh.

Argentine

À peine élu, Milei passe à l’offensive : dévaluation de 50 % du peso, suppression de la moitié des ministères, gel de tous les investissements publics, ce qui va mettre à la rue 250 000 travailleur·euses. Et comme les syndicats appellent à riposter, interdiction des manifestations. Ce n’est pas seulement en parole que le pays revient aux pires heures de la dictature.

Mer Rouge

Les dirigeant·es des pays occidentaux pensaient benoîtement que leur soutien au génocide en cours à Gaza était sans risque. Manque de chance, une des routes principales de leur commerce passe au large des côtes du Yémen et les Houthis qui contrôlent la moitié du pays ont décidé d’attaquer les bateaux occidentaux. Les marines des pays de l’OTAN sont immédiatement intervenues. La vie de dizaines de milliers de Palestinien·nes, c’est sans importance, le commerce international, c’est sacré.

Inde

Lors des combats sanglants qui se sont déroulés au moment de la partition de l’Inde (1947-48), le Cachemire est devenu indien contre la volonté de la majorité de la population qui avait opté pour le Pakistan. Depuis cette date, il y a eu plusieurs guerres entre les deux pays. Chaque élection libre a confirmé la volonté de la population. Modi a donc tout simplement supprimé le statut d’autonomie du Cachemire et la Cour Suprême aux ordres a confirmé cette décision.

Gaza

En deux mois et demi de guerre d’anéantissement de la population de Gaza, l’occupant a tué plus de 30 000 personnes, en grande majorité des enfants et des femmes. 90 % de la population a été forcée de quitter son logement. 70 % des infrastructures sont détruites. Par exemple sur le port, il ne reste que sept bateaux contre 96 avant les bombardements. Les villes du Sud où, d’après l’armée israélienne, les réfugié·es du nord étaient convié·es, sont massivement bombardées. Non seulement les hôpitaux sont mis hors d’état de fonctionner, mais les personnels de direction (dont le directeur d’Al Shifa) sont arrêtés. Et les soi-disant tunnels du Hamas sous l’hôpital Al Shifa se sont avérés aussi crédibles que les “armes de destruction massive” dont le “danger” avait servi à “justifier” l’invasion de l’Irak.

Les assassinats sélectifs ne frappent pas au hasard. Un poète a été tué. Puis le fondateur de l’ONG “We are not numbers”, puis un cameraman (de la famille de Mariam Abu Daqqa) ont été délibérément assassinés. Sans compter les fidèles d’une église chrétienne (ce qui a entraîné – enfin – une protestation du pape), et même un employé du consulat français.

Actuellement, l’armée israélienne veut obliger, ce qui est strictement impossible, la population à se regrouper sur une partie de la plage, là où il n’y a rien, ni bâtiments, ni eau. Des hélicoptères petits et maniables vont devant tous les refuges pour recenser les présent·es. Quand les réponses leur déplaisent, ils ouvrent le feu.

Quelque chose qui n’était jamais arrivé à Gaza commence : une désagrégation de la société. Des bandes qui attaquent les rares secours qui arrivent et qui essaient de revendre à des prix exorbitants les denrées élémentaires qui manquent. La pénurie généralisée entraîne une explosion des prix.

Gaza, avant le 7 octobre, c’était une multitude d’associations petites et grandes, qui permettaient à la société civile de s’organiser et de résister. C’était le fait que les chômeurs et chômeuses diplômé·es acceptaient de travailler gratuitement pour que leur société ne s’écroule pas ; c’était les traditions d’entraide et de travail collectif.

L’UJFP travaille avec deux associations à qui elle réussit à envoyer de l’argent : ce sont l’équipe qui s’occupait de la pépinière (qui n’existe plus) et l’association Ibn Sina. Ces deux équipes sont regroupées, l’une à Nuseirat, l’autre à Rafah. Elles ont réussi à fournir des tentes aux sans-abris, des chaussures, des vêtements chauds, des couvertures, du nylon pour se protéger de la pluie, de la nourriture, du riz, de l’eau potable. Elles organisent l’aide psychologique aux enfants traumatisé·es. Elles construisent des latrines.

Toutes ces réalisations sont consultables sur le site de l’UJFP. L’avenir est plus que sombre. Gaza est revenu 75 ans en arrière quand les réfugié·es étaient sous la tente. Il est fondamental que

Israël

Entre 4000 et 5000 citoyen·nes français·es sont engagé·es dans l’armée israélienne. En toute impunité. La télé israélienne montre tous les jours le plaisir qu’on peut avoir à tuer des Palestinien·nes et le maire adjoint de Jérusalem suggère qu’on les enterre vivant·es. Cela n’émeut personne : “Israël a le droit de se défendre”.

De nouvelles armes sont expérimentées : le phosphore blanc, des obus qui perforent les plafonds, des mini-hélicoptères. Sans sanctions, il n’y aura aucune rupture du front intérieur.