Sommaire

Sommaire

Doux comme un ours en peluche

Un enfant disparaît près de Wiesbaden, en Allemagne. La main dans celle d’un adulte, Marko, l’autre dans celle d’un ours en peluche. Un autre ours en peluche est resté sur place, dans ce vide grenier où sa mère, Léa, et sa sœur, Sarah, ne comprennent pas ce qui s’est passé et comment Jannis a pu échapper à leur surveillance. Les flics arrivent sur les lieux et enquêtent. Simple dans son thème, l’enlèvement d’un enfant, c’est dans la façon de relater l’enquête que L’Été la nuit impressionne. Chaque court chapitre est écrit à l’aide de brèves phrases, sèches, épurées allant à l’essentiel, jusqu’au détail visuel (un canapé blanc immaculé sur lequel un chat blanc immaculé aussi, dort) et sous le prisme d’un personnage (dans un personnage ai-je failli écrire tant on est dans la tête de chacun). Ce qui donne au récit un côté décalé, éthéré, humain et poétique. L’enquête fait écho à leurs propres démons et à leur passé qui ne passe décidément vraiment pas. Comme un malaise qui nous envahit.

François Braud

  • L’Été la nuit, Jan Costin Wagner, traduit par Marie-Claude Auger, Actes sud (actes noirs), 2021, 282 p., 22€50.
  • À commander à l’EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12, edmp@numericable.fr